C'est gallois, c'est Grand Chelem !

Reuters

Ni le vent et la pluie, qui n’ont cessé de s’engouffrer à travers le toit grand ouvert du Principality Stadium à l’occasion de ce match pour l’histoire (*), ni l’Irlande, balayée (22-0) et à laquelle il aura manqué sans doute bien plus qu’un jour de repos, ne pouvaient donc empêcher samedi, à Cardiff, le pays de Galles d’entrer un peu plus dans la légende… On attendait les Anglais ou les Irlandais en début de Tournoi, mais c’est bien ce XV du Poireau à la tête désormais d’une série de quatorze victoires consécutives – sa dernière défaite date du 24 février 2018… en Irlande – qui remporte un 12e Grand Chelem et le 4e depuis le passage aux 6 Nations en 2000 (après 2005, 2008 et 2012). Une performance que seul le XV de France avait été su accomplir (2002, 2004, 2006 et 2010).

Loin des Bleus en plein marasme, un homme incarne cette capacité galloise à se réinventer : Warren Gatland, le sélectionneur néo-zélandais à la tête de la Principauté depuis 2007 et qui s’éclipsera à la fin de l’année, devient le premier technicien à réaliser ce Grand Chelem à trois reprises (après 2008 et 2012). Et de quelle manière ! Dans cet après-midi du dénouement, le match à trois avec l’Angleterre, oppose à l’Ecosse (18 heures), a tourné court: les Gallois et leur génération dorée, emmenée par leur capitaine Alun-Wyn Jones, lui aussi triple vainqueur du Grand Chelem, étaient tout bonnement trop forts.

L’histoire veut qu’à l’heure où la Nouvelle-Zélande pleure ses victimes, ce sont deux Kiwis naturalisés qui vont mettre Galles sur la voie du sacre. Le jeu au pied ajusté et parfait de Gareth Anscombe envoie d’entrée Hadleigh Parkes à l’essai (7-0, 3e). La suite, c’est un cavalier seul d’une équipe pas forcément brillante, passée si près de la défaite en ouverture face à la France (elle était menée 16-0 à la mi-temps…) - tout comme l'Irlande l'an passé sur la route d'un autre Grand Chelem - mais si bien structurée et organisée dans son rugby. Et qui va surtout capitaliser sur "l’indiscipline choquante", dixit Jamie Roberts (consultant pour la BBC), des Irlandais, grâce à son ouvreur et buteur Anscombe, nouveau n°1 devant un certain… Dan Biggar, va se repaître pour passer six pénalités (18e, 36e, 40e, 49e, 54e, 70e) à 100% de réussite quand le XV du Trèfle sombrait corps et biens. A l’image d’un Jonny Sexton si inspiré face à la France, mais totalement à côté de la plaque ce samedi. Cardiff peut chanter ses héros et ce n’est peut-être qu’un début pour l’un des favoris déclarés désormais de la prochaine Coupe du monde au Japon (20 septembre-2 novembre).   
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(*) L’Irlande, en tant que pays visiteur, avait réclamé que le toit reste ouvert, malgré les prévisions météo très mauvaises sur Cardiff.