Une saison en Italie: Maignan au zénith, Ribéry au crépuscule

Panoramic

Au top. 

 

Milan à la française

A l'AC Milan, le gardien Mike Maignan a fait oublier Gianluigi Donnarumma, et Olivier Giroud a relégué sur le banc le quadragénaire Zlatan Ibrahimovic grâce à son doublé contre l'Inter (2-1). La renaissance du club rossonero, qui peut rafler son premier titre depuis 2011, doit beaucoup à sa colonie française, avec les autres titulaires inamovibles de fin de saison que sont les défenseurs Theo Hernandez et Pierre Kalulu. Les Français se sont parfaitement intégrés dans ce Milan sans stars mais aux idées offensives, au sein d'un effectif comptant d'autres ex de la Ligue 1, comme Simon Kjaer ou l'étoile montante Rafael Leao, ex-Lillois comme Maignan.

La chevauchée fantastique de Théo Hernandez :

Inzaghi à bon compte

Succéder comme entraîneur de l'Inter à Antonio Conte, parti sur un titre de champion, et sans plusieurs éléments clé de la saison dernière (Lukaku, Hakimi, Eriksen): le défi était immense, mais Simone Inzaghi l'a relevé, même s'il ne conserve pas le scudetto dimanche. Sans révolution tactique, il a conforté la solidité de l'Inter, qui a délesté la Juventus de la Supercoupe (2-1 a.p) puis de la Coupe d'Italie (4-2 a.p.).Pour le scudetto, les Nerazzurri ont longtemps fait figure de favoris avant un trou d'air en février et mars, moralement touchés par la défaite dans le derby et physiquement entamés par les 8e de finale de Ligue des champions contre Liverpool (0-2, 1-0). 

Immobile comme neuf 

Si cela ne le consolera pas des buts qu'il n'a pas mis contre la Macédoine du nord (0-1) avec l'Italie en barrage de qualification pour le Mondial-2022, Ciro Immobile reste redoutable en Serie A, à 32 ans. Avec 27 buts, le capitaine de la Lazio devrait terminer meilleur buteur pour la quatrième fois de sa carrière (2014, 2018 à égalité avec Mauro Icardi, 2020). Son dauphin, le canonnier serbe Dusan Vlahovic, de dix ans son cadet, a confirmé ses progrès cette saison, avec 24 buts, inscrits avec la Fiorentina (17) puis la Juventus (7) rejointe en janvier.

Dusan Vlahovic, la nouvelle attraction turinoise :

Du jeu et du suspense

La philosophie joueuse prônée par plusieurs entraîneurs comme Stefano Pioli (Milan), Vincenzo Italiano (Fiorentina), Ivan Juric (Torino) ou Alessio Dionisi (Sassuolo) ne s'est jamais démentie, malgré la fatigue et l'enjeu croissant. Même si le football italien reste engoncé dans sa tradition tactique et défensive, il s'ouvre à un jeu plus rythmé et offensif, dans le sillage de la Nazionale de Roberto Mancini sacrée championne d'Europe. En espérant exister davantage en Ligue des champions, où ses clubs ont chuté avant les quarts pour la seconde année consécutive. 

Moins top. 

 

Grise Juventus

Massimiliano Allegri, l'entraîneur aux cinq scudetti (2015-2019), a été rappelé l'été dernier pour faire de nouveau gagner la Juve. Mais le pragmatique adepte de la "victoire d'une courte tête" a fait moins bien que son prédécesseur Andrea Pirlo, remercié au bout d'un un an malgré des victoires en Coupe d'Italie et en Supercoupe. La première saison post-Cristiano Ronaldo se termine sans titre, du jamais vu depuis plus de dix ans. Le mercato s'annonce actif pour reconstruire autour de Dusan Vlahovic une équipe qui va aussi perdre du talent avec Paulo Dybala et de l'expérience avec Giorgio Chiellini. 

Crépuscule de Ribéry

Franck Ribéry n'aura pas vraiment pesé sur le destin de la Salernitana, dont le sursaut des dernières semaines doit plus aux recrues de janvier qu'à l'ex-attaquant du Bayern Munich, cantonné ces derniers mois à un rôle de joker de luxe à 39 ans. Il a encore un match, dimanche, pour marquer un but cette saison, dans une rencontre que l'équipe de Salerne (17e) doit gagner contre l'Udinese pour se sauver. Il sera ensuite temps pour lui de clarifier son avenir. 

Panne de "Gasp"

Un air de fin de cycle flotte autour de l'Atalanta, dans la course au titre jusqu'à la mi-décembre avant de s'écrouler. La "Dea", après trois saisons en Ligue des champions, risque de ne pas disputer de compétition européenne la saison prochaine (8e avant l'ultime acte). Gian Piero Gasperini, qui a révolutionné l'équipe avec son jeu spectaculaire, a parfois semblé à court d'idées. 

Tenace racisme

Après une saison et demie dans des stades à huis-clos pour cause de pandémie, le retour des supporters a ramené ambiance et couleurs mais aussi fait entendre de nouveau ces injures racistes dont le football italien ne parvient pas à se défaire. Koulibaly, Osimhen, Maignan, Tomori, Ibrahimovic: les insultes ont été entendues à Florence, Turin, Vérone, Cagliari, Rome...  Les sanctions restent rares, même si le capitaine de l'équipe d'Italie Giorgio Chiellini a pris ses responsabilités en confiant sa "honte" en octobre après les injures contre Koulibaly.


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