Serie A - Fiorentina / Franck Ribéry, une réputation remise en jeu ?

Panoramic

« C’est un choix très respectable qui reflète vraiment le fait qu’il aime le football par-dessus tout. » Kingsley Coman n’a pas hésité au moment d’évoquer le choix de son mentor de s’engager avec la Fiorentina. Franck Ribéry a surpris de nombreux observateurs en restant en Europe plutôt que de rejoindre une formation du Moyen-Orient. Le numéro 7 a paraphé un contrat de deux saisons avec la Fiorentina, club mythique de Serie A qui a vu passer des légendes tels que Gabriel Batistuta, Roberto Baggio, Rui Costa, Enrico Chiesa ou encore Socrates. Avec toujours cette même envie de jouer à 36 ans. « Je suis très motivé, j'ai toujours faim, a-t-il confirmé lors de sa présentation jeudi. J'ai signé deux ans pour apporter mon expérience, aider les jeunes, les faire grandir, amener quelque chose de nouveau. C'est un club qui a des ambitions : la volonté est d'être dans le haut de tableau. On va tout faire pour être dans le top 5 voire le top 3 même si c'est difficile car il y a de grandes équipes. » 

La présentation de Ribéry aux supporters de la Viola :


Son arrivée a suscité une énorme effervescence à Florence qui reste sur une triste 16ème place l’an passé après une deuxième partie de saison catastrophique. Les Français n'y sont plus légion avec les départs de Vincent Laurini (Parme), Jordan Veretout (AS Roma) et Alban Lafont (Nantes) en attendant peut-être ceux de Valentin Eysseric et Cyril Théréau mais Ribéry a reçu les chaudes recommandations d’un ancien de la maison, Sébastien Frey. Mais aussi de Luca Toni, son ancien compère au Bayern avec qui il est resté très proche. Le vestiaire florentin risque d’être quoi qu’il arrive très animé puisqu’en plus de Kaiser Franck, l’un des plus gros « ambianceurs » du côté de Munich, la Fio a également recruté un certain Kevin-Prince Boateng. En revanche, pour voir les deux joueurs ensemble au coup d’envoi, il faudra attendre un peu. 

"Ribéry ne fait jamais les choses à moitié"



« Je ne suis pas prêt, n’a pas caché Ribéry avant le Fio-Naples (samedi soir à 20h45 sur beIN SPORTS 3). J’ai fait des séances avec un préparateur privé, j'ai encore besoin de temps. Je ne sais pas, peut-être cinq jours, une semaine, deux semaines. Si le Mister (Vincenzo Montella) me convoque, j'y vais pour 5, 10, 15 ou 20 minutes. » C’est donc une attaque à trois composée par Boateng, Riccardo Sottil et Federico Chiesa qui est pressentie pour le coup d’envoi de la saison. « Comment Ribéry a pu se maintenir en forme depuis le mois de mai ? », se demande Patrick Guillou, qui l’a suivi de près ces derniers mois pour beIN SPORTS. « Même s’il a un préparateur physique et que c’est un très gros bosseur, est-ce qu’il ne vaut pas mieux lui donner deux-trois semaines pour qu’il puisse revenir contre la Juve le 15 septembre ? Il ne faudrait pas qu’on tire sur l’élastique avec lui et qu’il se blesse musculairement car Franck ne fait pas les choses à moitié. Il est toujours à 100%. » 

Lors de sa 12ème et dernière saison au Bayern, l’ancien Messin a tout de même joué 38 matchs toutes compétitions confondues (pour 6 buts et 4 passes décisives), avec quelques coups d’éclat pour permettre aux Bavarois de glaner un nouveau titre de champion : « La double accélération, il l’a eue en fin de saison, se rappelle Patrick Guillou. Il a été aussi l’élément moteur au mois de novembre-décembre quand il y a eu des matchs compliqués contre Leipzig, où il marque un but dans les dernières minutes, ou contre Francfort, où il inscrit un doublé. Il a amené tout le monde avec lui ». Alors qu’Arjen Robben a pris sa retraite à 35 ans, notamment en raison d’un physique qui ne cessait de décliner, Ribéry a encore de l’essence dans le moteur. Et l’envie de montrer qu’il est encore capable de faire valser les défenseurs lorsqu’il accélère sur son aile gauche. 


Attention toutefois à ne pas manquer sa sortie au plus haut niveau : « A 36 ans, il remet en question tout ce qu’il a glané, tout ce qu’il a pu gagner en renommée et en reconnaissance, souligne Patrick Guillou, qui commente la Bundesliga aux côtés de Jean-Charles Sabattier. Il était au Panthéon européen en 2013 avec sa 3ème place au Ballon d’Or. Et, en 2019, il était au Panthéon du football allemand avec tous ses titres individuels et collectifs (ndlr : 9 championnats d’Allemagne, 6 Coupes nationales et 1 Ligue des Champions). Il se lance un nouveau défi à 36 ans dans un championnat qu’il ne connaît pas, où il y a forcément moins d’espaces et plus de culture tactique qu’en Allemagne car, en Italie, on respecte plus les consignes et on ferme plus les espaces. » Certes, le risque de maculer quelque peu son héritage sur la planète foot est présent, mais l’envie de jouer était trop forte, beaucoup trop forte. 

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