Serie A : A la Salernitana, la "passion" selon Ribéry

Salernitana

"Le foot, c'est une passion. Si je vivais pour l'argent, je ne serais pas là", a reconnu l'ex-star du Bayern Munich, en débarquant il y a dix jours à Salerne, sur la magnifique côte amalfitaine au sud de Naples. Selon la presse italienne, il y percevra un salaire annuel d'1,5 million d'euros quand il touchait 4 M€ à la Fiorentina. "En vingt ans de carrière, j'ai gagné beaucoup de choses. Ma famille va bien, je vais bien, je pourrais rester à la maison. Quand il n'y aura plus d'essence, je rentrerais, mais ce n'est pas encore le cas", a ajouté l'ex-meneur des Bleus. "J'ai senti des tifosi avec une passion incroyable, c'est pour ça que je suis venu pour aider et apporter mon expérience", a ajouté "FR7", qui devrait faire ses débuts à domicile samedi contre l'Atalanta, après être entré en jeu dimanche chez le Torino (0-4). Sans club à la fin de son contrat à la Fiorentina, en juin, Ribéry n'a jamais imaginé raccrocher les crampons au terme d'une saison sans public dans les stades pour cause de pandémie.

Une claque pour la première de Ribéry :

Lanterne rouge


La passion qu'a suscitée à Salerne l'annonce de pourparlers avec le joueur, sur les réseaux sociaux mais aussi en ville avec l'apparition de maillots non officiels floqués de son N.7, a fini par le convaincre de rejoindre ce club quasi-inconnu hors d'Italie. "Lors de la présentation, devant 5.000 spectateurs, j'ai imaginé ce que cela donnerait avec un stade plein... Cela fait longtemps que je n'ai pas vu de supporters, ça m'aide", a-t-il assuré lors de sa conférence de presse de présentation, à laquelle s'était aussi invité le maire de Salerne. Contre le Torino, Ribéry a toutefois pu se rendre compte de la difficulté de la mission qui l'attend dans ce club disputant sa troisième saison dans l'élite, la première depuis plus de vingt ans. 

Deuxième l'an dernier à l'échelon inférieur, la Salernitana est le dernier club de Serie A pour la valeur de son effectif, selon le site spécialisé Transfermarkt. L'ensemble des joueurs est évalué à 38 millions d'euros, près de moitié moins que les deux clubs qui le précèdent dans ce classement financier (Venise et Spezia). C'est donc assez logiquement que le club de Campanie est déjà lanterne rouge avec trois défaites en trois matches, et onze buts encaissés (pour deux inscrits).

Retrouver la forme


Le club, co-détenu jusqu'à juin par le propriétaire de la Lazio Rome (Claudio Lotito), est par ailleurs en quête d'un repreneur. Et ce afin de se conformer aux règles fédérales interdisant que deux clubs d'une même division aient le même propriétaire. En attendant cette future cession, d'ici la fin de l'année au plus tard, un administrateur indépendant a été désigné. D'un point de vue économique, avec l'arrivée de Franck Ribéry, la Salernitana s'offre donc une belle promotion médiatique et se procure un actif non négligeable à mettre dans le panier en termes de marketing. Mais sur le terrain, l'opération suffira-t-elle à éviter un retour express en Serie B ? 

Dans le jeu, il faudra attendre que le Français ait retrouvé sa forme optimale, après un été à s'être entraîné seul, et espérer qu'il évite les blessures musculaires qui ont perturbé ses deux saisons à la Fiorentina. Mais sa vision du jeu et son expérience offrent des garanties nouvelles pour une équipe qui, contre la Roma (0-4), n'avait réussi que... 91 passes en 90 minutes! La Salernitana compte surtout sur son apport hors du terrain: "au-delà de l'aspect technique que nous connaissons tous, il a un impact extraordinaire auprès du groupe par son humilité, sa simplicité, son intelligence", a assuré l'entraîneur Fabrizio Castori. Ribéry, lui, a déjà fait passer un message: "l'important, ça va être de gagner vite un premier match". 


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