L'increvable Llorente

Pas grand-chose n'a de prise sur lui. Ni le temps, ni les changements de pays, pas même les mutineries... Si on n'y comprend plus rien au Napoli, où les cadres continuent de jouer malgré les amendes très fortes décidées par le président Aurelio De Laurentiis (et des départs inévitables), Fernando Llorente reste assez loin du volcan en éruption, du haut de ses 34 ans. Premier match en Ligue des champions, en septembre contre Liverpool (2-0) peu de temps après son arrivée ? Un but, alors qu'il était remplaçant au coup d'envoi. Première titularisation en Serie A ? Un doublé (voir plus bas). Personne n'avait réussi ça à Naples depuis Arkadiusz Milik, en 2016.

Ce Milik - blessé depuis un mois - dont Llorente est arrivé en doublure, quittant Tottenham pour une bouchée de pain (même pas trois millions d'euros). Et même s'il jouait peu, aussi, chez les Spurs, c'est bien lui qui avait inscrit le dernier but de l'incroyable 4-3 qualifiant son équipe à Manchester City, en quarts de finale retour de Ligue des champions... Depuis ses deux buts à Lecce, l'Espagnol a disputé les 13 matches suivants sans marquer, mais il n'a été lancé d'entrée qu'une fois... A nouveau titulaire la semaine passée, face à Bologne, ça n'a pas fait un pli : il a retrouvé le chemin des filets, en dépit de la défaite (1-2).

Llorente a toujours gardé une vraie cote en Italie, fort de ses trois saisons à la Juventus de 2013 à 2016 (avec 16 buts pour son premier exercice, en 2013-2014, record pour un joueur espagnol en Serie A). Comme en Espagne, où il a fait le bonheur de Bilbao durant neuf ans (2004-2013). Et en Angleterre, où dès sa première année, à Swansea (2016-2017), il a inscrit 15 buts en Premier League. Caméléon ? Non, juste buteur. Pur et dur. « J'avais reçu une offre de Boca Juniors, mais je voulais encore jouer en Ligue des champions », a-t-il révélé il y a peu de temps à ESPN. Une évidence.