Gasperini, le magicien de l’Atalanta

Reuters

Gian Piero Gaspirini n’est pas vraiment un entraîneur comme les autres. Alors que son équipe de l’Atalanta, quatrième de Serie A, affronte son premier poursuivant, la Roma, samedi soir dans un match qui pourrait valoir cher dans la perspective de la qualification en Ligue des champions, le technicien de 61 ans a admis, vendredi en conférence de presse, que le double affrontement contre Valence en huitièmes de finale de la prestigieuse compétition européenne était "plus décisif" que ce choc face au club de la Louve.



"Parce qu’on joue sur deux matchs, alors qu’il reste encore quinze journées de championnat à disputer. Et ce serait un mensonge de dire qu’on ne pense pas à Valence : il y a un quart de finale de Ligue des champions en jeu, c’est énorme. Donc on va dire que c’est plus immédiat, même si on n’oublie pas que le championnat peut nous garantir de disputer encore la Ligue des champions l’année prochaine", a-t-il ainsi reconnu. Une franchise qui détonne dans un milieu où la langue de bois est, souvent, maîtrisée à la perfection.


"Ce serait un mensonge"

Le mois dernier, il avait été très touché après avoir été insulté par les supporters de la Fiorentina, et s’en était ému devant les micros. "Je n'ai jamais insulté personne. J'étais motivé au maximum pour mon équipe et ils m'ont crié plusieurs fois : «fils de p...». Ma mère a fait la guerre pour donner le droit de parler à ces débiles : alors, oui ce sont eux les fils de p... Je ne l'accepte pas : c'est débile et grossier", avait-il ainsi tonné. Un personnage entier, donc, qui fait des miracles avec une formation bergamasque dont il est l’entraîneur depuis 2016, lui dont la seule expérience dans un grand club, l’Inter, s’était soldée par un échec (cinq matchs au début de la saison 2011-2012).

A 50 kilomètres au nord-est de Milan, il a eu le temps d’installer, avec ces autres Nerazzurri, son jeu basé sur l’offensive, qui n’a pas tardé à porter ses fruits. Et son équipe s’est forgé une solide réputation ces trois dernières saisons, en retournant à de nombreuses reprises des situations compromises. A l’image de son capitaine Papu Gomez, cette formation ne lâche jamais rien.

Pour sa première participation en Ligue des champions après sa troisième place de l’an dernier en championnat, elle est ainsi devenue la première de l’histoire à se qualifier en ayant perdu ses trois premiers matchs de poule. Car rien n’est impossible pour l’Atalanta de Gasperini, récemment élu meilleur entraîneur du dernier exercice de Serie A. Valence, qui se déplace mercredi à San Siro, où le club de Bergame dispute ses matchs de Ligue des champions, n’a qu’à bien se tenir…