XV de France/Galthié : « Ces jeunes gens sont bluffants »



Une rencontre déséquilibré

Raphaël Ibanez : « Vu de l'étranger, on peut le comprendre. Sur ce coup, les Anglais ont raison. Les deux sélections nationales ne sont pas sur le même pied d'égalité et ça ne date pas d'aujourd'hui. Je pense à la préparation avant le match contre Galles cet automne, ou même la semaine avant l'Italie. Malgré tout ça, nous avons réussi à gagner les matchs, ça veut dire que l'état d'esprit, le caractère sont bien présents. Ça veut dire que nous avons une équipe talentueuse et, qui sait, elle est peut-être prête à renverser des montagnes ce week-end. Quand on prépare un test-match, il faut tout prendre en compte. En tout cas, on ne va pas se laisser faire. »

Beaucoup de champions du monde U20 dans le groupe

R.I. : « Ils ont connu des bons résultats en jeunes, c’est une forme de continuité. C’est intéressant de voir qu’à travers les équipes de France jeunes, à 7, l’équipe nationale est au centre du projet des joueurs. »

Pierre Bourgarit

Fabien Galthié : « Pierre fait des bons matchs depuis le début de saison avec La Rochelle. Il a toujours eu un gros potentiel. Il a la puissance, la technique, il est endurant. Il mérite de revenir en équipe de France. La blessure de Teddy Baubigny lui a permis d’intégrer les 23, ce sera intéressant de le voir démarrer. »

Le manque d’expérience

F.G. : « Les joueurs ont peu d’expérience, mais on a essayé d’accélérer tout ça pendant la courte préparation. Il faut exploiter au mieux le temps passé ensemble. On travaille beaucoup sur la stratégie. Le match du mois de février contre l’Angleterre nous a beaucoup aidés. On mélange les éléments et on essaye de construire la semaine pour arriver le mieux préparé possible pour le match. Dimanche, on sera prêt, je vous assure. »

Le jeu au pied

F.G. : « Dans notre stratégie, notre plan d’attaque est simple, on recherche l’espace quand on porte le ballon, mais aussi derrière le deuxième rideau, dans le champ profond. Ça devient un jeu de possession et de dépossession, qui doit être organisé pour être cohérent. Il faut s’adapter à l’évolution des règles. Les Anglais ont identifié très tôt une organisation, qui évolue au cours du temps. Très tôt, Eddie Jones a mis en place une alternance pied-main, avec quatre n°10 potentiels sur le terrain, et donc quatre pieds. Il y a un très bon équilibre entre la puissance des avants et l’explosivité des trois-quarts. C’est une équipe qui maitrise bien son rugby, ce n’est pas par hasard si depuis 2015 elle est n°1 ou n°2 mondiale, elle perd peu de matchs. C’est une équipe, avec plus de 850 sélections cumulées.  Nous, nous avons le challenge de transformer une sélection qui a deux entraînements en commun en équipe.

Hassane Kolingar

F.G. : « Il fait preuve d’une étonnante maturité, il a déjà entamé un développement personnel, de par son histoire. Il a été amené très vite à assumer une posture, à grandir. C’est un des meilleurs piliers gauches du championnat. C’est vraiment incroyable ce qu’on voit, ces jeunes gens qui grandissent et absorbent tout ce qu’on vit ensemble, ils sont bluffants par leur capacité d’assimilation. Ils vont très vite. »

Alivereti Raka

F.G. : « Il est venu pendant le Tournoi, il est venu quand il était suspendu, il a passé du temps avec nous. On a considéré qu’il était prêt, malgré le peu de matchs qu’il  a joués. C’est pareil pour Baptiste Pesenti, Yoram Moefana. Ils ne sont pas tous égaux sur le nombre de feuilles de match depuis le début de saison. On en tient compte mais on tient compte aussi des entrainements et du temps vécu ensemble pour sortir notre sixième feuille de match de l’automne. »

La possibilité de gagner un titre

F.G. : « Chaque semaine est une occasion de progresser dans la méthodologie. Cette dernière semaine est différente de la première. On a fait évoluer le temps passé sur le terrain, l’organisation, l’analytique. Tout est affaire de détails. Chaque semaine passée ensemble nous fait progresser sur la qualité de ce qu’on propose aux joueurs. Quand on a commencé, il y a d’abord une volonté de gagner des matchs, des titres. C’est notre deuxième compétition et nous avons encore l’occasion de terminer premiers ou deuxièmes. Même si le chemin est le plus important, on peut jouer la victoire dès notre deuxième compétition, après avoir terminé premiers ex-aequo du Tournoi des 6 Nations, et ça nous va très bien. »