XV de France - Tournée d'automne/Galthié : « C’est notre meilleure équipe de France du moment »


Est-ce la meilleure synthèse de joueurs que vous pouviez faire à ce jour, entre les expérimentés et les nouveaux ?
Fabien Galthié : Nous sommes très heureux de retrouver notre meilleure équipe de France du moment, moins les blessés bien sûr. Ça fait quasiment neuf mois et demi qu’on n’a pas pu composer la meilleure équipe de France du moment, depuis le match en Irlande. Depuis, on s’est adapté aux circonstances.

Pourquoi avoir appelé Thibaud Flament et Florian Verhaeghe en deuxième ligne ?
F.G. : Thibaud Flament et Florian Verhaeghe performent en club. Ils ont un profil qui nous intéresse, notamment des compétences sur la touche. On a envie de les voir s’entraîner avec nous, travailler, voir comment ils répondent à notre façon de se préparer. Ensuite, on verra étape par étape.

Le profil de Flament est atypique…
Raphaël Ibanez : On s’intéresse au profil du joueur et de l’homme. Ses différentes expériences montrent une véritable capacité d’ouverture à d’autres cultures rugby, c’est toujours intéressant de disposer d’un joueur qui peut échanger avec ses partenaires et amener une certaine fraîcheur. Malgré son jeune âge, il a déjà beaucoup d’expérience internationale. Son parcours est atypique mais top.

F.G. : La première fois qu’on a entendu parler de lui, c’est quand il a débuté avec les Wasps (en septembre 2019, ndlr). Pierre-Henry Broncan, qui était à Bath, nous l’avait signalé. Depuis, on le suit. Il s’est adapté à l’environnement toulousain, où il a beaucoup de concurrence. C’est un joueur en développement, à l’image de cette équipe. Il nous semble avoir un potentiel. Les deux semaines de préparation nous diront qu’il est capable d’aller plus loin avec nous.

Pourquoi Louis Carbonel et Selevasio Tolofua ont-ils été écartés au profit d’Antoine Hastoy et Sekou Macalou ?
F.G. : On peut citer quelques absents, qui sont absents du groupe mais qui font toujours partie de l’aventure. Cet après-midi, on a appelé tous les joueurs sélectionnés, mais aussi ceux qui ne le sont pas et ont vécu avec nous. On s’est expliqué clairement avec eux. Concernant Louis Carbonel, on va dire que les performances d’Antoine Hastoy lui permettent de passer devant dans la hiérarchie. Quant à « Sele », il est en attente, il est prêt. Il y a encore une journée de championnat, et par expérience on sait qu’il faut être préparé à d’éventuels forfaits. D’ailleurs Gabin Villière et Bernard Le Roux doivent passer des examens, car ils sont touchés respectivement aux ischio-jambiers et au tympan.

Ibanez : "Ollivon sera présent pour passer le relais au nouveau capitaine"


Un mot sur Tani Vili ?
F.G. : Il était avec nous en Australie. Il a de réelles aptitudes, on l’avait vu aussi avec les U20. C’est un joueur en développement. Il arrive car il y a des opportunités devant lui, notamment les blessures d’Arthur Vincent et Pierre-Louis Barassi, qu’on a appelé aujourd’hui et qui n’est pas remis.

Qui sera le capitaine des Bleus durant la Tournée ?
R.I. : On a bien avancé. C’est une question centrale qui a occupé notre esprit depuis de longues semaines. Ça nous a amené à définir réellement à la notion de leadership au sein d’un groupe. On estime qu’au moins cinq joueurs se sont détachés : Gaël (Fickou), Julien (Marchand), Antoine (Dupont), Grégory (Alldritt) et Anthony (Jelonch). On a décidé de passer du temps avec eux et échanger sur cette notion de leadership. Ils remplissent les critères que sont la performance sur le terrain, la générosité, l’humilité et la loyauté. Dès dimanche, Charles (Ollivon), notre capitaine, qui a participé aux discussions, sera présent pour passer le relais auprès du capitaine qui sera annoncé auprès des joueurs.

Anthony Jelonch a donné satisfaction en Australie ?
F.G. : Il a montré qu’il cochait toutes les cases pour être capitaine. Il a montré totale satisfaction. Il a été héroïque et a porté haut les couleurs de l’équipe de France en Australie.

Il y a quatre arrières dans votre liste...
F.G. : Oui, mais avec des polyvalences. Thomas Ramos peut buter et jouer 10, et Romain Buros peut jouer à l’aile. Anthony Bouthier ? On lui a dit qu’il était toujours dans le projet, qu’il fallait qu’il continue à croire en lui, et que tout était possible.

Votre méthode de composition d’équipe a changé ?
F.G. : Oui, maintenant on commence par la fin de match. On veut voir à quoi ressemblerait l’équipe dans les dernières minutes. Sur 18 matchs, il y cinq défaites alors que nous menions avant la dernière action. Donc il faut aller chercher ce qu’on peut améliorer dans ce domaine-là. On veut une équipe qui soit solide à la fin, notamment sur le plan émotionnel, pas tellement sur les intensités de vitesse. On a besoin d’une équipe de finisseurs hyper expérimentée, hyper solide pour aller chercher ces victoires. Par exemple, Peato Mauvaka semble avoir les qualités pour matcher sur les dernières minutes, avec un très bon lancer, de la puissance explosive et en tant que talonneur sur la mêlée. Rien n’empêche un finisseur de devenir titulaire, et vice-versa. Rien n’est figé. L’importance de ce mot, qui a parfois été moqué, prend aujourd’hui une réelle signification. Il se peut qu’on solidifie volontairement cet axe de joueurs qui nous semblent essentiels, pas seulement sur les dix dernières minutes, mais pendant toute la préparation. On va durcir notre préparation, à tous les niveaux. Notre marge de progression viendra de là.

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