XV de France : Le président de l'UBB inflexible sur la mise à disposition des internationaux

La bataille entre la FFR et les clubs n’est sans doute pas terminée. Alors que World Rugby devrait prochainement dévoiler le programme de la fenêtre automnale de matchs internationaux, tout indique que le XV de France va disputer six rencontres en un peu moins de deux mois. En effet, en plus du dernier match du Tournoi des 6 Nations, les Bleus devraient disputer un test-match et un « tournoi des huit nations » comportant trois matchs de poule et un match de classement. Récemment interrogé par le quotidien Sud-Ouest, Fabien Galthié a affirmé vouloir ses joueurs pour l’ensemble des rencontres, se demandant pourquoi « mettre en difficulté l'équipe de France ? » et mettant en avance la valeur d’une sélection. Du côté des présidents de clubs, la réponse n’a pas tardé et, dans les colonnes de Rugbyrama, c’est le patron de l’UBB Laurent Marti qui a déclenché le premier. « Je comprends Galthié : son boulot, c'est d'avoir la meilleure équipe de France possible, tempère le dirigeant girondin. Mais je trouve que nous, les présidents, nous avons fait beaucoup d'efforts. »

Marti : « Pas sûr que ces affiches feront le plein »


Le patron de l’UBB a également remis sur la table la proposition faite par la LNR à la FFR, qui verrait une certaine rotation de l’effectif du XV de France pour limiter à cinq matchs chaque international. « Accepter cinq matchs internationaux à l'automne, c'est un énorme pas, rappelle Laurent Marti. Et je rappelle que nous sommes tous attachés à l'idée d'avoir une équipe de France performante. » Mais si Fabien Galthié est attaché à la valeur d’une sélection sous le maillot bleu, le dirigeant bordelais met en avant l’argument économique pour justifier la multiplication des matchs du XV de France à l’automne. « Sincèrement, sportivement, cinq ou six matchs à trois ans de la Coupe du Monde, ça ne va pas changer grand-chose. Après, le nombre de matchs a aussi et surtout une importance économique, assure Laurent Marti. Je ferais remarquer que multiplier des matchs contre l’Écosse ou l'Italie, ça les banalise quand-même un peu. Et je ne suis pas sûr que ces affiches feront le plein dans les gradins. »

Marti appelle la FFR à faire des économies


A l’image des clubs professionnels, la crise sanitaire est également une crise économique qui a fait plonger dans le rouge les comptes de la FFR. Augmenter le nombre de matchs internationaux à l’automne, avec l’espoir d’avoir des stades pleins et de belles recettes, est une manière de récupérer sur le plan économique à l’issue de cette crise sans précédent. Mais, pour Laurent Marti, une autre solution devrait être envisagée. « J'ai envie de dire à la FFR que nous comprenons ses difficultés économiques. Nous aussi nous avons souffert. Comment avons-nous fait ? Nous avons fait des économies au niveau de nos charges, avance le président de l’UBB. Peut-être pourrait-elle faire de même dans les mois qui viennent. » Alors que la campagne électorale en vue des élections prévues en octobre prochain fait rage, c’est un argument qui pourrait faire mouche tant pour Bernard Laporte que pour Florian Grill... mais la question de la mise à disposition des internationaux n’est, elle, pas encore réglée.