Novès règle (encore) ses comptes

Reuters

Guy Novès n’a pas encore complètement réglé ses comptes avec la FFR. Deux semaines après avoir remporté aux Prud’hommes son procès contre la Fédération, condamnée à lui verser une indemnité d’un million d’euros, l’ex-sélectionneur du XV de France revient dans un entretien accordé au Journal du Dimanche sur cette douloureuse expérience. Qu’il gardera sans doute longtemps en travers de la gorge.

"Je n’oublierai jamais ce que j’ai vécu, dit-il. Je suis rancunier envers ceux qui m’ont fait du mal. Du jour au lendemain, deux jeunes gens (Bernard Laporte et Serge Simon, ndlr) ont décidé de m’écarter, prétendument pour le bien du rugby français. Je ne me prends pas pour ce que je ne suis pas, ceux qui ont travaillé avec moi le savent. Je respecte les autres et j’entends qu’on me respecte aussi."

Sa nouvelle bataille contre Laporte

S’il a donc gagné son combat contre la FFR sur le terrain juridique, l’ancien manager du Stade Toulousain ne compte pas s’arrêter là. Et pense déjà à la prochaine bataille qu’il livrera au président de l’instance. "Des personnes de qualité ont l’ambition de changer la fédération et la façon dont elle est gouvernée", explique-t-il, prêt à soutenir les opposants de Bernard Laporte lors des élections fédérales en 2020.

"Si le groupe de Jean-Claude Skrela, Fabien Pelous, Olivier Magne, Marc Lièvremont, Serge Blanco et Monsieur Florian Grill (la tête de liste, ndlr), que je ne connais pas, se structure pour construire un projet dont le rugby français a besoin, je les aiderai. Parce que ce sport a besoin de retrouver ses valeurs", assène le technicien haut-garonnais qui, à 65 ans, ne souhaite plus retrouver un banc de touche.

Son tacle à Galthié

Et Guy Novès d’adresser, au passage, un tacle à celui qui est annoncé comme le successeur de Jacques Brunel à la tête des Bleus, Fabien Galthié: "Ça prouve qu’il y a une vie après la vie. Il a été débarqué de Montpellier. Un moment très pénible pour lui. Il a dû souffrir le martyre avec ce qu’il a vécu là-bas. Il a aussi été débarqué de Toulon. Il a connu la double peine. Il s’en est remis, c’est un costaud, un passionné. On lui proposerait donc le poste le plus honorifique du rugby français…"

"C’est dommage qu’il ne soit pas un premier choix: si le référendum avait donné raison à Bernard Laporte, il serait toujours consultant, enchaîne-t-il, alors que le président de la FFR avait soumis au vote des clubs français son idée de nommer un entraîneur étranger pour diriger les Tricolores. Il a démontré des compétences certaines là où il est passé, mais va-t-il changer le rugby français ?" Lui n’en est "pas convaincu".