Au revoir le Japon, et merci

C’était beau, encore. La première période endiablée des Japonais face à l’Afrique du Sud a confirmé, pour le premier quart de finale mondial de l’histoire d’une sélection asiatique, la progression infinie des Brave Blossoms afin de répondre présent au rendez-vous de sa Coupe du monde à domicile. Mais il y a aussi eu le rappel du très haut niveau, celui de l’efficacité clinique des Springboks. Encore plus défensive qu’offensive, d’ailleurs, puisque c’est une vraie performance de limiter les Japonais à seulement trois petits points. Pour l’emporter 26-3.

Après leurs victoires inattendues et admirables en poule contre l’Irlande puis l’Ecosse, les Japonais abordaient une autre montagne avec cette Afrique du Sud tant redoutée. Les Boks s’attendaient sans doute à un tel scénario, en tout cas ils y étaient parfaitement préparés. Tout un peuple, à nouveau enivré en tribunes, continuait de croire à l’impossible à la mi-temps, puisqu’il n’y avait que deux minuscules points de retard. Mais le travail de sape des Sud-Africains avait déjà fonctionné. Pour les Nippons, il aurait fallu marquer avant.

Leitch: "On ne va faire que s'améliorer"

Le premier essai rapide de Mapumpu (0-5, 4e) pouvait laisser craindre le pire, mais il a peut-être installé aussi un semblant d’excès de confiance chez les hommes de Johan Erasmus. Deux essais refusés dès le retour des vestiaires (42e, 47e) annonçaient ensuite le changement de tendance, matérialisé par les trois pénalités de Pollard (3-14, 44e, 49e, 64e), puis surtout l’essai de De Klerk (3-21, 66e) et enfin le doublé de Mapumpu (3-26, 70e). Le Japon ne poussera pas le bouchon plus loin, mais a bien sûr révolutionné le paysage habituellement si figé du rugby mondial.

"Je suis extrêmement fier de ce que cette équipe a fait, résume le capitaine Michael Leitch (sur le compte Twitter de la compétition). On représentait l’Asie et tous les pays hors du Tier 1, je suis sûr qu’ils sont aussi fiers de nous. Le Japon ne va faire que s’améliorer." "Honnêtement, c’est exactement ce qu’on imaginait, confirme son homologue springbok, Siya Kolisi. On se doutait de ce qu’ils allaient nous montrer." L’Afrique du Sud n’a passé que 4% de son temps de possession dans les 22 mètres adverses, contre 11% pour les valeureux locaux. Qui savent donc sur quoi travailler, en plus de continuer à magnifier le jeu de passes et le mouvement permanent comme ils l’ont si bien fait durant plus d’un mois.