Evan Fournier : « Avoir une colonie de supporters, c'est juste incroyable ! »

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Evan Fournier, vous avez eu le privilège lundi soir d’inaugurer le grand retour des sessions de soirée de la We Are Tennis Fan Academy en tant que premier ambianceur de la semaine. Comment avez-vous vécu cette expérience ?

Au début, les supporters m’ont mis un peu mal à l’aise à scander mon nom (rires…). Plus sérieusement, ils sont plein de bonne humeur et c’est vraiment cool de revoir du monde dans les tribunes ! En France, on manque un peu de ferveur, ça fait plaisir de voir des gens aussi investis. Quand tu es sur le terrain, plus il y a d'énergie dans un stade, plus ça te pousse à être performant. Tu fais du sport pour ça : pour vivre de grands moments et connaître de belles émotions.

D’autant que le tennis est un sport assez aseptisé. Ce n’en est donc que mieux d’avoir un groupe de supporters qui anime le stade ?

C’est ça ! Surtout que le tennis est super intéressant sur l’aspect mental, tant que l’autre n’a pas réussi sa balle de match, tu peux toujours gagner. En ça, c’est différent de beaucoup d’autres sports. Avoir une académie de supporters comme la We Are Tennis Fan Academy qui anime le match jusqu’au dernier point, c’est juste incroyable. Être au milieu d’eux dans les tribunes, c’était une super expérience.

Surtout que pour cette première session, vous avez eu le plaisir d’assister au match du numéro 1 mondial Novak Djokovic (contre le Japonais Nishioka). Que vous inspire ce joueur ?

C’est mon joueur préféré. J’ai commencé à regarder le tennis avec mon grand-père quand j’étais petit, c’était un grand fan de Federer. Mais quand Djokovic est arrivé sur le circuit, j’ai tout de suite aimé sa mentalité de Serbe… C’est un combattant, un guerrier. En tant que sportif ça me parle, j’aime ce type de joueur entier qui a du caractère. Je ne le connais pas personnellement, je ne l’ai jamais rencontré non plus, mais quand tu le vois à la télé, tu sens qu’il a une envie et une détermination. C’est un grand pro qui mérite beaucoup de respect.

Etiez-vous déjà venu à Roland-Garros ?

C’est la deuxième fois que je viens. J’étais venu quand j’avais 14 ans. A l’époque, c’était la finale femmes avec la Russe Sharapova. J’étais là pour un rendez-vous avec des agents de basket. J’étais resté dix minutes, ce n’est pas un très grand souvenir.

Etes-vous un grand passionné de tennis ?

J’aime bien. Après, c’est compliqué de suivre. Comme tout le monde, je suis les tournois du Grand Chelem de loin. Et comme tout le monde, quand il y a un gros match, je me mets devant la télé et je profite du spectacle.
 

"L'Olympiakos possède les meilleurs supporters d'Europe"


La WATFA toujours là pour Jo ✊ pic.twitter.com/dC1i4whTxa

— We Are Tennis France (@WeAreTennisFR) May 24, 2022

Qu’est-ce que vous aimez tout particulièrement dans ce sport ?

J’aime beaucoup l’aspect psychologique du tennis. Le fait que ce ne soit jamais fini et que tu aies toujours une chance tant que tu n’as pas perdu. C’est un sport de un contre un, mais sans contact physique. C’est vraiment très mental.

Lundi soir, vous avez pris place au cœur des supporters. Des souvenirs concernant des supporters vous reviennent-ils instinctivement à l’esprit ?

Oui, je me rappelle d’un match à Lille en 2015 avec l’équipe de France, pour l’Euro en France. Le stade de foot avait été emménagé en salle de basket. L’ambiance était vraiment exceptionnelle et voir toute la salle en bleu, blanc rouge, c’était génial.

Les fans de NBA sont-ils des supporters à part ?

Tout dépend de l’équipe qu’ils supportent. Aujourd’hui, je joue à New York. Les supporters de New York sont réputés pour être très durs et ça pousse très fort. Personnellement, c’est un public que j’adore parce qu’ils sont connaisseurs et c’est un public loyal envers son équipe. Si tu joues bien, ils t’encouragent et si, au contraire, tu joues mal, ils vont te le faire savoir. Ils sont juste dans leur jugement, je trouve.

Y a-t-il des salles où vous préférez jouer et, a contrario, où vous redoutez d’aller ?

J’adore jouer à New York, j’adore aussi jouer à San Francisco où joue Golden State. Je n’aime pas trop aller dans les salles où il y a un petit peu moins d’ambiance. Et ça, ça dépend de la forme du moment de la franchise.

Vous avez dit récemment que si vous deviez retrouver l’Europe, ce serait à l’Olympiakos. Pour le public essentiellement ?

Oui, c’est clairement pour ça. J’étais au Final Four de l’Euroligue à Belgrade récemment. Ils étaient 12 000 dans la salle. Leur équipe a perdu en demi-finales et ils ont quand même animé les tribunes en finale. C’est ce qui me fait dire que ce club est un club mythique et qu’il possède les meilleurs supporters d’Europe.
 

"New York, c'est encore mieux que ce que j'imaginais !"

Des supporters ont-ils déjà réussi à vous déstabiliser ?

Non, jamais, sincèrement. Je n’ai jamais été quelqu’un qui prête attention à ça. J’ai toujours été concentré sur ma perf’. Après, ils ont parfois un impact car ça pousse tellement fort dans la salle que tu n’entends pas tes coéquipiers te parler. Et ça, c’est vrai que ça peut un peu déstabiliser car tu n’es pas sur la même longueur d’ondes. Après, il n’y a jamais eu de vraie intimidation me concernant.

Cette saison, avec New York, vous aviez démarré très fort, sans pour autant parvenir à vous qualifier. Cette absence en play-in constitue-t-elle une énorme déception à vos yeux ?

Oui, bien sûr, c’est une grosse déception. Maintenant, c’est derrière nous. Il faudra que l’on fasse les bons choix cet été sur la free agency, que l’on signe des joueurs et que l’on s’améliore, surtout. Car je reste convaincu que l’on peut faire quelque chose de très fort avec cette équipe. On va voir comment se déroulera l’été.

Vous rêviez de vivre et de jouer à New York. La vie a-t-elle été à la hauteur de vos attentes ?
Oui, la vie à New York, c’est vraiment exceptionnel ! C’est même mieux que ce que j’imaginais, pour être honnête. J’aimerais vraiment jouer là-bas le plus longtemps possible.

Vous vous êtes retrouvé dans un rôle de shooteur en bout de ligne, pas simple du tout à appréhender pour vous qui aimez avoir la balle. Etes-vous malgré tout satisfait de votre saison d’un point de vue personnel ?

Je ne suis pas déçu. J’ai mis du temps à vraiment comprendre comment jouer de la meilleure façon avec ce qui m’était confié. Et une fois que j’ai trouvé le rythme, j’ai vraiment fait une partie de saison intéressante. Au final, ça s’est plutôt bien passé pour moi. En plus, j’ai réussi à battre quelques records en passant, donc c’était cool. Il va falloir que je continue de progresser dans le rôle qui m’est donné. Je ne regrette pas du tout d’avoir posé mes valises à New York. Ca fait partie du challenge sportif, tout ne peut pas toujours se passer comme on veut. Il va falloir être persévérant et continuer de bosser.

Avez-vous le sentiment d’être devenu un joueur encore plus complet, avec un profil différent encore de celui que vous aviez avant de venir à New York ?

Oui, exactement. C’est vraiment le fait d’avoir fait quelque chose que je ne faisais pas auparavant et de découvrir quelque chose de nouveau. Forcément, ça m’a permis de m’améliorer en tant que joueur car ça apporte une nouveauté dans mon jeu. Après, en équipe de France, j’aurai un rôle différent. Il va falloir que je fasse le transfert en espérant que cela sera efficace. Je n’ai aucun doute sur le sujet, ce nouveau rôle devrait même m’aider pour cet été car je suis devenu plus complet comme joueur.
 

"Hâte de nous revoir pour soulever un trophée"


Vous êtes un nouveau joueur, êtes-vous aussi un joueur plus fort mentalement encore qu’auparavant ?

Je ne sais pas si j’ai passé un cap mentalement. C’est dur à réellement quantifier. Je peux juste dire que des challenges nouveaux se sont présentés à moi et que j’ai du trouver une solution pour répondre. Je dirais que c’était une expérience nouvelle et tu apprends forcément de toute expérience nouvelle.

Cet été en effet, l’Euro vous attend. Les Bleus doivent désormais composer sans Nando De Colo et Nicolas Batum. Sentez-vous malgré tout cette équipe armée pour faire de belles choses ?

Oui, bien sûr. Nous avons un effectif avec beaucoup de qualité et des joueurs très talentueux, donc nous avons toutes les armes en main pour pouvoir faire une très grosse compèt'. Je suis assez confiant sur notre groupe et on va essayer de continuer de progresser tous ensemble.

La déception de Tokyo est-elle digérée ?

(Ferme) Oui, bien sûr. C’était il y a un an, c’est derrière.

Une fois de plus, vous étiez passé à côté du titre lors de ces Jeux. L’Euro constituera une occasion pour vous de monter enfin sur la plus haute marche. Cela doit vous tenir fortement à cœur, peut-être même plus que jamais ?

Oui, c’est ça, c’est le but. La défaite contre les Etats-Unis en finale des Jeux nous a tous motivés et on a tous hâte de se revoir pour pouvoir enfin soulever un trophée ensemble.

Victor Wembanyama, le diamant à polir de la nouvelle génération, pourrait être de la partie. Que vous inspire son éclosion ?

Je ne l’ai pas réellement vu jouer, je n’ai vu que des highlights sur Internet, donc c’est dur de répondre à cette question. Mais je pense qu’il va être appelé cet été. Je ne sais pas s’il sera dans le groupe final mais je pense qu’on aura l’occasion de le voir et de le côtoyer. On verra ce que ça donnera.

Première école de supporters de tennis à travers le monde, la We Are Tennis Fan Academy, fondée en 2015 par BNP Paribas et dirigée par John McEnroe, fait son grand retour cette année à Roland-Garros après une absence de deux ans liée à la pandémie de Covid-19. Ayant pour but d'insuffler une énergie nouvelle au cœur des tribunes en faisant du public un public plus passionné, enthousiaste et solidaire, cette académie invite plus de 500 fans pendant la quinzaine, chargés d'animer dix cessions de soirée du tournoi. Mais ce n'est pas tout : pour rajouter à l'ivresse du moment, différentes personnalités connues pour leurs aptitude à mettre l'ambiance se joindront aux fans en question et partageront ces night sessions. Evan Fournier, promu premier ambianceur le temps d'un soir, a lancé la semaine, lundi. Suivront Claude Dartois de Koh Lanta (mercredi), LeKemar (samedi), Cartman (dimanche), Chloé Jouannet (lundi 30 mai), Nino Arial et Jérôme Niel (mardi 31 mai) et, enfin, Estelle Denis, le mercredi 1er juin. Par ailleurs, un plateau de dix DJ au rayonnement international se joindra chaque soir à la fête en prenant place aux platines pour mettre le feu au court central avant l'arrivée des joueurs.

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