Quand Henry débutait à Arsenal

Le 3 août 1999, Thierry Henry quitte la Juventus sur un échec. Au lendemain de l'arrivée de Davor Suker à Arsenal pour environ 3,5 millions d'euros, Arsène Wenger, l'ancien mentor monégasque du champion du monde français de 22 ans, fait également signer ce dernier pour une somme record d'environ onze millions d'euros.

Tout le monde regrette Nicolas Anelka, transféré au Real Madrid, et attend son compatriote au tournant. « Si vous ne voulez pas de comparaisons, vous restez à la maison, prévient le jeune Wenger, 49 ans. Si vous voulez être un grand joueur, il faut le montrer sur le terrain. Il a les qualités pour faire aussi bien que Nicolas Anelka. Il est plus extraverti. » Précision d'importance : Wenger veut absolument faire de Thierry Henry un avant-centre, et non plus un ailier.



Le challenge de la double adaptation - nouveau poste, nouveau championnat - est difficile : aucun but en huit matchs. Il débloque enfin son compteur le 18 septembre à Southampton, déjà dans le plus pur style Thierry Henry. Mais s'il marque encore quatre jours plus tard à Solna, en Ligue des Champions (1-3), il rate des occasions incroyables. « Si on n'avait pas gagné, j'aurais eu l'impression d'avoir laissé tomber tout le monde. J'ai regardé le chrono, j'ai vu qu'il me restait neuf minutes. »

Bilan de ses quatre premiers mois : deux buts en 17 matchs. « Le boss me veut dans un rôle plus central. Je dois apprendre le timing des courses d'une façon très différente, ça prend du temps. »

Et puis arrive le 28 novembre. Face à Derby County, Wenger associe Thierry Henry à Bergkamp. Menés rapidement 1-0, les Gunners l'emportent 2-1 grâce à un doublé du Français (11eme, 51eme) qui comprend qu'en Premier League, il faut courir et frapper vite. Remplacé à la 72eme minute, il reçoit la « standing ovation » de Highbury. Wenger « espère le début d'une reconversion ».

Thierry Henry profite enfin et calme le jeu : « Je ne veux pas me fixer de but spécifique, car il n'y a rien de pire pour se mettre la pression. Je veux juste qu'on se souvienne de moi comme un grand joueur. » Les buts commencent à pleuvoir. C'est parti pour sept ans. « Il y a trois mois, il n'aurait pas marqué ces buts », estime Wenger. Thierry Henry continue de rentrer chez lui en métro. Ça ne pourra pas aller plus loin qu'en février. Plus personne ne parle de Nicolas Anelka.