Premier League : Manchester City a resserré sa garde

Reuters

"L'attaque vous fait gagner des matches, la défense vous fait gagner des titres". La maxime de Sir Alex Ferguson, entraîneur emblématique de son rival et voisin United, s'applique à merveille à City, relégué l'an passé au rang de spectateur de la marche triomphale des Reds vers un titre qui les fuyait depuis 30 ans. Avec 17 buts de plus inscrits et une différence de but meilleure de 15 unités, City avait pourtant fini à 18 points du champion.

La puissance offensive de City, réputé pour son jeu de passes et sa volonté constante d'agresser offensivement l'adversaire, n'avait en rien servi l'équipe de Pep Guardiola, trop fébrile défensivement. Le début de saison des Citizens n'a d'ailleurs rien eu de rassurant, avec un naufrage dès la 2e journée à domicile contre Leicester en septembre dernier (défaite 5-2 avec trois penalties concédés), puis des erreurs qui ont coûté des points, comme contre Leeds (1-1).

Au soir du 21 novembre, après une défaite à Tottenham (2-0), les Sky Blue pointaient à une triste 13e place à 8 points des leaders et on pouvait sérieusement douter de leur capacité à jouer le titre.

Ruben Dias, bâti pour durer

Quinze matches sans défaite plus tard, dont 12 sans prendre de but, et après 8 victoires consécutives, toutes compétitions confondues, ils ont la meilleure défense de Premier League (13 buts pris en 17 matches) et le plus grand nombre de matches sans but encaissé (9), devant leur futur adversaire (16 buts pris et 8 +clean sheets+ en 15 rencontres seulement). Ces chiffres doivent beaucoup à la charnière Ruben Dias-John Stones prise en défaut une seule fois en 10 matches, dont 9 victoires.

Dias, arrivé à l'été 2020 de Benfica à 23 ans pour près de 70 millions d'euros, s'est attiré les louanges de Guardiola. "Son potentiel est incroyable. Il comprend le jeu et il veut apprendre, nous sommes tous impressionnés par le soin qu'il porte à son corps et à son esprit", avait assuré le coach après un match de Coupe d'Angleterre.

"Je peux vous assurer que nous avons signé un joueur incroyable pour les cinq, six ou sept prochaines années", avait-il ajouté.

City dicte le tempo

Mais cette solidité défensive retrouvée s'explique aussi parce que Manchester City est redevenu le maître du tempo du match. "La seule différence (entre les premiers et les derniers matches), c'est que l'on court beaucoup moins", avait lâché "Pep" il y a une semaine. Un constat contre-intuitif, à une époque où les kilomètres parcourus et les sprints sont décortiqués.

"Sans la balle, tu dois courir. Mais avec la balle, il faut marcher ou en tout cas courir beaucoup moins; rester bien placé et faire courir la balle, pas toi". Souvent en difficulté face à des remontées de balles rapides, City dicte le tempo et concède beaucoup moins de tirs après contre-attaque cette saison et cela fait une différence énorme.

"Nous sommes une équipe qui a besoin de jouer à un certain rythme. On ne sait pas jouer quand la balle monte et redescend, et remonte et redescend", avait déjà rappelé le Catalan après la victoire pleine de maîtrise à Chelsea (3-1), le 3 janvier.

Maître du terrain, City a une belle occasion de devenir maître du championnat, puisqu'après les Villans, il affrontera West Bromwich Albion, Sheffield United et Burnley, trois des quatre derniers. Une séquence qui s'achèvera par un Liverpool-Manchester City début février qui pourrait bien être capital dans la course au titre.


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