EFL Cup : Rafael Benitez, l'éternel

Il n'est pas le plus âgé des entraîneurs pourtant mais il fait assez partie du paysage footballistique européen pour qu'on puisse se poser la question. À 61 ans, Rafael Benitez a fait les beaux jours de l'Espagne, de l'Italie, de l'Angleterre bien sûr et même de la Chine récemment. Et surtout, il prend toujours autant de plaisir à vivre dans le quotidien d'un club malgré l'usure physique et mentale que cela peut causer. C'est l'histoire d'un joueur miné par les blessures devenu très vite entraîneur sur les bancs de Valdebebas (le centre d'entraînement du Real), d'abord chez les jeunes avant de connaître le grand saut dans l'inconnu du côté du Real Valladolid lors de la saison 1995-1996. Mais l'ivresse du poste n'accouche que d'une vilaine gueule de bois puisqu'il est remercié six mois plus tard, faute de résultats, alors que son successeur parviendra à qualifier le club pour la Coupe de l'UEFA. Ce scénario se réitère dans la foulée avec Osasuna où il reste en poste seulement 9 matchs. Après une ultime expérience moyenne à Extremadura (2eme division), l'Espagnol décide de calmer le jeu et de prendre le temps d'observer le travail des spécialistes. Du Milan AC de Capello à la Juventus de Lippi en passant par la Fiorentina de Ranieri, ainsi que quelques clubs anglais, Rafael Benitez se nourrit de ces entraîneurs pour emmagasiner un maximum de connaissances. Tenerife fait appel à lui et lui demande une chose : remonter en première division, ce qu'il fera lors de la saison 2000-2001. Cet objectif réussi, le Madrilène prend dans la foulée un poste que personne ne veut, celui d'entraîneur du FC Valence dont le prédécesseur, Hecto Cuper, a permis au club d'être double finaliste de la Ligue des Champions. Dans le sud-Est de l'Espagne, ses débuts sont difficiles notamment jusqu'en décembre mais il parvient à remporter la Liga lors de sa première saison (2001-2002) puis lors de la saison 2003-2004 où il ajoute aussi une coupe de l'UEFA.

Liverpool puis le road-trip


L'histoire d'amour entre Rafael Benitez et le FC Valence s'achève au sortir d'une saison exceptionnelle pour le club mais à la suite d'un différent entre le technicien et les dirigeants. Dans le même temps plus au nord, un illustre entraîneur s'arrête, Gérard Houillier quitte Liverpool. Après quelques semaines de tractation, l'Espagnol est recruté sur les bords de la Mersey, chez les Reds. Si le championnat ne sourit guère au premier manager espagnol de Premier League (5eme la première saison), Benitez parvient à hisser l'équipe jusqu'en finale de la Carling Cup (défaite contre Chelsea) et surtout, remporte la Ligue des Champions après une finale d'anthologie contre l'AC Milan où les Reds sont menés 0-3 à la mi-temps avant de refaire leur retard puis de gagner le match aux tirs au but. Liverpool s'offre la même année, la Supercoupe de l'UEFA avant de remporter la Coupe d'Angleterre et le Community Shield, la saison suivante. Rafael Benitez glane moins de titres ensuite, se contentant d'une finale de la Ligue des Champions en 2007, et d'une place de vice-champion d'Angleterre lors de l'exercice 2008-2009. Une rupture de contrat à l'amiable plus tard, l'Espagnol quitte les Reds en 2010 pour l'Inter Milan avant d'être remercié quelques mois plus tard malgré une Supercoupe d'Italie et une Coupe du monde des clubs.

Après une pause d'un peu moins de deux ans, il arrive à la rescousse de Chelsea mais ne fait qu'une saison tout en remportant la Ligue Europa lors de l'exercice 2012-2013. L'Italie manque à Benitez et il rejoint les rangs de Naples où il fait deux saisons honorables avant de retrouver la Casa Bianca du Real Madrid. L'aventure avec son club formateur ne se déroule pas au mieux et il est remercié six mois plus tard (en lieu et place de Zidane) puis se voit offrir une mission commando à Newcastle. L'objectif maintien inachevé, l'Espagnol parvient quand même à faire remonter le club la saison suivante mais le quitte à l'issue de son contrat, direction la Chine et le Dalian Yifang en juillet 2019. Suite à l'apparition du Covid-19, il décide de rompre son contrat en janvier 2021 pour rentrer à la maison. Cette fois, ce n'est pas Liverpool mais Everton qui fait appel, en juin dernier à ses services, avec brio pour le moment. Les Toffees sont actuellement sixièmes de Premier League.

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