Aston Villa va y aller quand même

Espérons pour eux qu'ils ne savent pas que c'est impossible. Sinon, ils ne le feront pas. Après tout, les Villans ignoraient qu'ils hériteraient de la réserve de Liverpool en quarts de finale de League Cup. Ils ne savaient pas non plus que le tirage au sort leur permettrait d'éviter les deux Manchester en demies, offrant plutôt Leicester et ce match retour un peu dingue à domicile - victoire 2-1 dans le temps additionnel sur un but de Mahmoud Trezeguet, après un 1-1 à l'aller. Là aussi, mieux vaut oublier que c'était un petit miracle, avec un total de 43 tirs à 13 pour Leicester sur les deux matchs.

Place désormais à la dernière marche, et il faudra encore faire fi de beaucoup de choses. A commencer par l'identité de l'opposant, Manchester City qui vient de coller à Aston Villa un 6-1, sur sa pelouse, le 12 janvier. Et ça suivait un premier 3-0, presque classique, à l'Etihad le 26 octobre. Il faudra aussi laisser de côté la 17eme place de Premier League et ces trois défaites de rang, pire série en cours du championnat. Alors, que reste-t-il ? Pas grand-chose, à part les 37 ans du nouveau gardien Pepe Reina, prêté par l'AC Milan. Et le principal, peut-être : la magie d'une autre compétition. Depuis le début de la saison, Aston Villa a enregistré près de la moitié de ses victoires, cinq sur douze, lors de cette Carabao Cup.

Le club de Birmingham est un spécialiste historique de la compétition, avec cette neuvième finale à venir, meilleur bilan derrière les douze finales de Liverpool (et à égalité avec les neuf de Manchester United). Mais c'est vraiment très historique, le dernier titre datant de 1996... Depuis, il n'y a eu qu'une finale en 2010, perdue face à MU - et une Coupe Intertoto, tout de même, remportée en 2001.

En conférence de presse, Pep Guardiola a clamé son amour pour son adversaire Jack Grealish, « un des meilleurs joueurs du championnat » selon lui. Son homologue Dean Smith, lui, voulait y croire après la qualification face à Leicester : « On a un passé dans cette compétition, et si on ramène une sixième League Cup, je serai très fier. » Le gros qui ne tombe pas dans le piège de l'excès de confiance, le petit qui essaie de montrer les muscles... Le décor est très clair. On y ajoute une dernière touche : il s'agit peut-être de l’ultime opportunité pour Pep Guardiola de remporter un trophée avec Manchester City. A oublier, aussi, pour Aston Villa.

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