Pouille s'est compliqué la vie

Reuters

Tout se déroulait sans accroc. Lucas Pouille, vainqueur de ses deux tie-breaks au tour précédent contre Maximilian Marterer, n'avait plus qu'à remporter un deuxième jeu décisif ce samedi pour venir à bout d'Alexei Popyrin et se qualifier pour les huitièmes de finale de l'Open d'Australie. A 4-0 en faveur du Français, cela semblait pratiquement dans la poche pour le dernier représentant tricolore à Melbourne. Mais alors qu'il avait fait preuve jusque là d'une belle maîtrise, le Nordiste s'est mis à déjouer. Et une balle de match (manquée) plus tard, il laissait son adversaire remporter le tie-break 12-10 et revenir à une manche à deux.

Une mauvaise idée car Popyrin, 19 ans seulement, vainqueur de Roland-Garros chez les juniors en 2017, ne manque pas de talent. Et ce set remporté l'a libéré, et lui a permis d'enflammer un peu plus la Margaret Court Arena. "C'était une ambiance de Coupe Davis, a réagi Pouille, à chaud, au micro de John McEnroe. Je n'ai jamais joué contre l'Australie en Coupe Davis, maintenant je sais ce que ça fait. Popyrin ? C'est un super joueur, il a un avenir brillant." Pouille a concédé ses deux seuls breaks dans le quatrième set, mais il a réussi à se ressaisir pour éviter de subir ce qui aurait été une défaite sacrément embarrassante, contre un novice, en ayant gâché une telle avance au score (7-6[3], 6-3, 6-7[10], 4-6, 6-3). "J'ai fait quelques erreurs, mais j'ai réussi à me reprendre après le quatrième set", a ajouté Pouille. 

Et maintenant, Coric...

Alors qu'il n'avait jamais remporté le moindre match ici-même avant cette édition 2019, Pouille se hisse en deuxième semaine, ce qu'il n'était pas parvenu à faire en Grand Chelem la saison passée. C'est bien là l'essentiel, surtout que le niveau de jeu qu'il a montré dans les trois premiers sets, si l'on excepte la fin du tie-break, et dans le cinquième, est plutôt encourageant, tout comme son attitude sur et en dehors du court, bien plus positive que ces derniers mois.

C'est le fruit du travail avec Amélie Mauresmo, à l'évidence, mais également d'une prise de conscience de la part du joueur lui-même. Au prochain tour, Pouille passera un beau test contre Borna Coric, tête de série n°11 du tournoi, qu'il n'a jamais battu (0-2). Et il y aura là aussi un petit air de Coupe Davis, de ce simple du vendredi qui n'a pas eu lieu à Lille parce que Yannick Noah en a décidé autrement. Pas mal pour nourrir le sentiment de revanche...