Super Bowl : Mahomes a la clé

Et dire qu’il aurait pu être dans le camp d’en face… MVP en titre et attraction majeur du Super Bowl de dimanche entre ses Chiefs et les 49ers, Patrick Mahomes (24 ans) avait bien été observé par l’entraîneur de San Francisco avant la draft 2017. "Mais pas autant que j’aurais dû, reconnaît aujourd’hui Kyle Shanahan. On avait vu qu’il était déjà monstrueux et pouvait réussir n’importe quel lancer. Mais on avait le deuxième choix et, selon nos informations, il n’irait pas aussi haut. On n’a donc pas voulu prendre de risque."

Un deuxième choix finalement échangé contre le troisième, pour sélectionner le defensive end Solomon Thomas, alors que Mahomes était lui retenu en dixième position par Kansas City. Où il n’a cessé de faire des merveilles, comme lors du dernier match face aux Titans. Il est ainsi le principal artisan de la réussite des Chiefs, qui vont disputer, dimanche à Miami, leur premier Super Bowl depuis 50 ans. Après avoir échoué en finale de conférence l’an dernier, avec une cruelle défaite face aux Patriots en prolongation.

Même s’il avait été consolé par son illustre homologue Tom Brady, en route vers un sixième titre, Mahomes avait d’abord eu du mal à s’en remettre. Il avait à peine regardé le Super Bowl, estimant que c’est lui et ses coéquipiers qui auraient dû le jouer. Mais il s’est vite remis au travail. Et malgré une grosse frayeur à Denver en octobre, avec une blessure au genou qui l’a éloigné des terrains pendant deux matchs alors que les premiers pronostics étaient alarmistes, il a réussi son pari. Ou presque.

La défense hermétique des 49ers


Car il veut maintenant devenir le troisième quarterback de moins de 25 ans à soulever le trophée Vince-Lombardi, en imitant Ben Roethlisberger (2006) et… Brady (2002). Et aussi, après Doug Williams (1988) et Russell Wilson (2014), le troisième quarterback aux origines afro-américaines de l’histoire à remporter le Super Bowl. Ce qui lui tient particulièrement à cœur, comme il l’a confié lors du media day : "Ce qu’il y a de mieux, c’est que ça montre aux enfants que, quel que soit l’endroit d’où vous venez et votre origine, vous pouvez accomplir votre rêve.  Peu importe que vous jouiez au baseball ou au basket, poursuivez vos rêves. Et quels que soient ces rêves, travaillez dur pour y arriver et vous pourrez le faire."

Son rêve, à lui, c’est déjà de triompher dimanche, lors d’une opposition de styles qui pencherait plutôt légèrement en faveur de Kansas City, et de son attaque de feu. Car le bras, mais aussi les jambes, de Mahomes (46/70 à 65,7 %, 615 yards, 8 touchdowns, plus 106 yards à la course et 1 touchdown en playoffs), ainsi que les courses de ses dragsters, notamment Tyreek Hill, font des ravages. Mais les 49ers possèdent la défense la plus hermétique de la NFL, emmenée par le vétéran Richard Sherman, décisif face aux Packers, et aussi Nick Bosa, rookie de l’année pour les journalistes américains. Des Californiens en quête d’un sacre depuis 1994 et qui vont donc tout mettre en œuvre pour contrecarrer les plans de Mahomes et des siens.

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