Spoelstra, une (demie) vie au Heat

Reuters

Derrière l’illustre Gregg Popovich, à la tête des Spurs depuis 1996, Erik Spoelstra (49 ans) est l’entraîneur en place depuis le plus grand nombre d’années. Nommé coach du Heat en avril 2008, il a tout vécu, ou presque, avec Miami. Où il a débuté comme coordinateur vidéo en 1995. Mais tout aurait pu s’arrêter après quelques semaines. Car Pat Riley, arrivé peu après, a fait le grand ménage au sein de la franchise. "La seule raison pour laquelle j’ai survécu, c’est qu’on était en septembre et qu’ils avaient juste besoin de quelqu’un pour faire les montages vidéo. J’avais une saison pour faire mes preuves. Et 25 ans plus tard, ils n’ont toujours pas trouvé le moyen de se débarrasser de moi", racontait-il récemment dans une interview en direct sur le compte Twitter de la NBA.

Devenu ensuite assistant coach et aussi responsable du scouting, il était l’un des adjoints de Riley lors du titre de 2006. Avant que celui-ci ne lui cède sa place deux ans plus tard. Une passation de pouvoir dont il conserve un souvenir très précis : "C’était comme une scène du Parrain. On avait gagné 15 matchs cette saison, et il m’a fait venir un samedi. La lumière était tamisée. Je me suis assis de l’autre côté de son bureau et je pouvais à peine le voir, contrairement à lui. Il m’a dit : « C’est fini pour moi. Tu es prêt. Ça va être comme si tu quittais le nid, que je te poussais de la branche et que tu doives trouver comment voler. Tu as assez d’expérience, tu as travaillé pour des gens formidables. Prends quelques jours pour te remettre la tête à l’endroit et lundi, c’est la conférence de presse. ».

"Il ne vacille jamais"


Après deux échecs au premier tour des playoffs pour ses deux premières saisons en tant qu’entraîneur principal, ce travailleur acharné a ensuite disputé quatre finales consécutives, pour deux sacres et autant de revers, avec le "Big 3" formé par LeBron James, Chris Bosh et Dwyane Wade.

Depuis, le Heat n’a gagné qu’une série de playoffs, face aux Hornets en 2016, en deux participations. Mais la franchise de Miami, qui réalise une saison épatante dans le sillage de Jimmy Butler, avec l’émergence du néo All-Star Bam Adebayo et un total de 8 joueurs tournant à plus de 11 points par match, allait y retourner avant l’interruption de la saison en raison de la crise sanitaire. Sans que l’entraîneur du quatrième de la Conférence ne soit reconnu à sa juste valeur, selon Wade.

"Coach « Spo » ne reçoit pas le crédit qu’il mérite, et je ne sais pas si ce sera le cas un jour. Parce qu’il travaille pour Pat Riley, qui est toujours au club et choisit les bons joueurs. Et on lui donne beaucoup de crédit pour ça. Et je pense que beaucoup de gens pensent que le boulot de « Spo » est facile à cause de ça, a déclaré « Flash » dans un live Instagram. Sa principale force réside dans est sa capacité à ne pas nous autoriser à vivre dans l’instant. Que ce soit après avoir gagné 27 matchs consécutifs ou après 5 défaites de suite, il avait toujours la même approche. On devait toujours faire la même chose. Et quand tu as un leader qui est cohérent, c’est plus facile de le suivre. Il s’en remettait toujours au travail. Comment nous améliorer ? Il est toujours resté fidèle à cet état d’esprit. Et c’est sa plus grande force pour moi. Il ne vacille jamais."