Pascal Siakam : "A Tampa, on ne savait pas qui supportait qui"

Reuters

Nouveau visage des Raptors après le départ de Kyle Lowry à Miami à l'intersaison, Pascal Siakam reste ambitieux. Après tout, avec Toronto, l'ailier fort a déjà tout connu. Champion en 2019 aux côtés de Kawhi Leonard, l'intérieur camerounais a par la suite vécu une saison plus mitigée, tant sur le plan personnel que collectif. La délocalisation de l'équipe canadienne à Tampa (Floride), en raison de l'épidémie de Covid-19, a été un évènement majeur pour la formation de Nick Nurse. Celle-ci a retrouvé depuis le début de saison la ferveur de la Scotiabank Arena, un point positif pour des Raptors que peu d'experts imaginent en haut de l'affiche à l'Est. Cela ne dérange pas outre-mesure Pascal Siakam qui a accordé à beIN SPORTS une interview en toute décontraction.*

Pascal, tu as été opéré de l’épaule gauche en juin. La guérison se passe-t-elle bien et penses-tu jouer rapidement cette saison ?

Suite à l’opération, après six semaines, j’ai pu reprendre le travail, pas comme je l’aurais voulu évidemment mais j’ai pu reprendre quand même. Je ne sais pas encore exactement quand je reviendrai. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai un peu repris l’entraînement avec contacts : un contre un, deux contre deux. Je m’améliore et j’espère reprendre le plus tôt possible.

Le retour des Raptors à Toronto, après avoir passé une saison entière à Tampa, est-il un soulagement ?

Bien sûr, cela fait vraiment plaisir. Jouer à Tampa, c’était compliqué. Maintenant, on est revenu chez nous et psychologiquement, cela aide aussi !

Justement, penses-tu que jouer en Floride pendant un an a coûté des victoires à Toronto en saison régulière ?

C’est certain ! Quand tu joues à Toronto, l’atmosphère, les supporters… cela nous a manqués. A Tampa, parfois, on arrivait sur le terrain, on ne savait pas qui supportait qui (rires). C’était compliqué. Je ne sais pas si on perdait forcément pour ça mais cela a joué en partie, certainement.

Cette saison, Toronto ne fait pas partie des favoris pour une qualification en Playoffs. T’attends-tu à une nouvelle saison de transition ou au contraire, penses-tu que les Raptors ont une carte à jouer ?

Oui oui, on a une carte à jouer. L’objectif pour moi, c’est toujours les Playoffs. Et quand tu atteints les Playoffs, tout peut arriver ensuite. On est une équipe jeune mais avec notre effectif, notre identité, c’est-à-dire une équipe athlétique, qui court et défend, on aura une opportunité de gagner toutes les nuits.

Depuis ton entrée en NBA, tu as toujours énormément progressé de saison en saison. L’an passé, peut-être pour la première fois depuis le début de ta carrière, on a eu l’impression, de l’extérieur, que ta progression a été ralentie. As-tu aussi eu cette sensation ?

Pour moi, c’est compliqué parce que tout le monde a son avis sur mon jeu mais si tu regardes les statistiques, elles sont presque identiques. Comme tu l’as dit, je suis un joueur qui a beaucoup progressé et j’ai de la fierté à travailler dur. Alors oui, je n’ai pas eu la saison que je souhaitais l’an dernier, mais notre équipe aussi n’a pas eu la saison qu’elle voulait. Bien sûr que je ne suis pas satisfait. L’objectif, c’est toujours d’être au top, le plus haut possible et si je n’y suis pas, je vais continuer à bosser dur.

OG Anunoby est très attendu cette saison. Il est un peu à l’image de votre équipe, rapide et capable de très bien jouer en transition, fort physiquement…

C’est un joueur qui travaille très dur. Je lui dis toujours de continuer dans ce sens. Comme tu l’as dit, il va vite, il est puissant. Avec les qualités qui sont les siennes, il est dur à stopper. Son avenir est énorme et j’espère pour lui un maximum de succès.

Que peux-tu nous dire du rookie Scottie Barnes (4ème choix de la draft 2021) ? Il vient de signer un gros match face aux Celtics et a priori, c’est un très bon choix du front office…

Avec lui, le potentiel est là ! Il fait des choses qu’on n’apprend pas. Il a cette capacité de très bien défendre, il fait les passes et en attaque, il va apprendre. Il a de l’instinct sur le terrain et c’est l’avenir. S’il garde la tête sur les épaules, il pourra accomplir ce qu’il veut.

"Kyle Lowry est un légende à Toronto"

Le départ de Kyle Lowry pendant l'intersaison a été un changement majeur pour la franchise. Cela laisse forcément un grand vide…

Il était comme un grand frère pour nous. C’est une légende ici à Toronto. Il a tout fait dans cette franchise et c’est des trucs que tu rêves d’accomplir aussi. Sa présence et le soutien qu’il nous apportait était énorme. Il va nous manquer.

Avec Fred VanVleet, te vois-tu comme le nouveau leader de l’équipe ?

Oui, je pense ! On peut inclure OG (Anunoby) aussi là-dedans. On possède une équipe jeune encore mais qui a de l’expérience. On a cette capacité là et on peut le faire à notre façon.

A 27 ans et après 5 ans en NBA, tu as été MIP, champion, All-Star, All-NBA Second Team… C’est déjà beaucoup. Que penses-tu pouvoir accomplir sur les cinq prochaines années ?

Oui et parfois, tu oublies tout ça ! Chaque jour, tu bosses un maximum pour t’améliorer. Et c’est ce que je veux. J’ai été All-NBA Second Team ? Je veux essayer d’être en First Team, essayer d’être un MVP, d’être encore All-Star. Et surtout tenter de gagner un nouveau championnat.

Tu es réputé pour être un bon défenseur. Quel est le joueur de la Ligue le plus difficile à défendre selon toi ?

Je dirais Kevin Durant. Par sa taille, son habilité à tirer, de dribbler… c’est vraiment quelque chose de spécial.

"Je voulais reprendre la société de transit de mon père"

En préparant cette interview, j’ai lu que si tu n’avais pas été basketteur, tu aurais aimé intégrer une fac de commerce au Cameroun. Tu peux nous en dire plus sur cette ambition ? Que serais-tu devenu si tu n’avais pas été basketteur NBA ?

Je voulais reprendre la société de transit de mon père. Avoir un diplôme à l’université et ensuite aider mon père et travailler avec lui. Ou essayer de créer un « business » au Cameroun.

As-tu toujours en tête de promouvoir le basket africain et le Cameroun en particulier lorsque tu entres sur le terrain ?

Tout à fait, en tant qu’africain, c’est mon devoir de montrer au monde que l’Afrique a du talent. Il faut envoyer ce message-là partout.

Es-tu d’ailleurs en contacts réguliers avec ton compatriote Joel Embiid ?

On a une bonne relation mais on se chamaille parfois ! Il est de Yaoundé, je suis de Douala… On s’envoie aussi des petites messages de temps en temps quand on réalise de bonnes choses. Voir ce qu’il fait sur le terrain, c’est énorme et c’est aussi une fierté pour moi. Il était si proche d’être MVP la saison dernière.

Pour finir, qui est ton favori pour remporter le titre de MVP ? Tu as le droit de répondre « Pascal Siakam ».

(Rires) J’espère que cela sera moi ! Ce serait le rêve.

*Entretien réalisé en collaboration avec Foot Locker Europe


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