NBA - Warriors : Stephen Curry, MVP en puissance des Finales

Reuters

Malgré trois bagues de champion aux doigts (2015, 2017, 2018), Curry n'a jamais été désigné MVP de ces finales. Non pas qu'il soit passé à côté, réussissant à plusieurs reprises des matches de haute volée, mais Andre Iguodala, puis Kevin Durant les deux fois suivantes, s'étaient montrés plus décisifs et constants. Tant et si bien que l'étiquette du joueur incapable d'élever son niveau dans les joutes les plus cruciales collait à la peau du meneur pourtant auréolé de deux trophées de MVP en saison régulière, en 2015 et 2016.

Nul ne sait si un 4e titre l'attend pour sa sixième finale en huit ans, car en dépit d'une égalité rétablie (2-2), Boston, jamais aussi à l'aise qu'à l'extérieur, peut très bien s'imposer à nouveau lundi à Golden State, pour ensuite avoir le dernier mot. Mais Curry est en mission et s'impose pour l'heure comme le MVP en puissance de cette série. Le seul joueur à avoir été désigné meilleur joueur d'une finale, tout en étant du côté des vaincus, est Jerry West, avec les Lakers en 1969. Nul doute que le Warrior préfèrerait ne pas rejoindre ce cas isolé...

Niveau stratosphérique

Ils ne disent évidemment pas tout, mais les chiffres attestent du niveau stratosphérique qui est actuellement le sien. Avant d'affronter Boston, Curry affichait des moyennes en finales de 26,5 points par match, à 39% de réussite aux tirs à 3 points. Après quatre matches, il tourne à 34,3 points de moyenne, à 49,1% à longue distance. Ses 43 points (à 14/26 dont 7/14 derrière l'arc) ont éteint le volcan du TD Garden vendredi, surtout dans le troisième quart-temps, son "momentum", durant lequel il a aligné 14 points, plantant 4 banderilles primées sur 5. Et en dernière période, habituellement celui des Celtics, il a su trouver un second souffle pour parachever le travail avec dix pions de plus.



De quoi faire réagir LeBron James, le rival de ses quatre premières finales, sur Twitter: "Le chef est FOU FURIEUX !!!". Pour les livres d'histoire, la performance de Curry se classe d'ailleurs juste derrière celle du "King", puisqu'il est devenu à 34 ans et 88 jours le deuxième joueur le plus âgé à réussir au moins 40 points et 10 rebonds dans un match de finale. "LBJ" avait 35 ans et 284 jours, lorsqu'il fit de même en 2020 avec les Lakers contre Miami, le sacre au bout en prime.

Au top physiquement

"Il nous a portés sur son dos. Il n'allait pas nous laisser perdre. Cela se résume à ça au final. Il a montré pourquoi il est l'un des meilleurs à avoir jamais joué au basket", a affirmé son coéquipier Draymond Green. Son "Splash Brother" Klay Thompson estimait lui que Curry venait de livrer "probablement la meilleure" performance de sa carrière en finale, de surcroît "dans un match où la victoire s'imposait". Le tout, 48 heures après s'est blessé au pied gauche, finalement sans gravité, un incident qui avait néanmoins généré une incertitude quant à savoir s'il serait en pleine possession de ses moyens. 

"Ce qu'il a fait est juste éblouissant. Boston possède la meilleure défense de la ligue. Et pour Steph, supporter cette pression tout au long du match, démontre qu'il n'a jamais été aussi fort physiquement", a souligné son coach Steve Kerr. Cette forme étincelante impressionne d'autant plus que Curry a semblé décliner, à partir du moment où il est devenu le meilleur marqueur à trois points de l'histoire. Noël approchait et cet accomplissement a provoqué un relâchement, car il a fini la saison avec une moyenne de 38% à cet exercice, la plus basse de sa carrière. Peut-être sentait-il alors que le meilleur était à venir et qu'il fallait en garder sous le coude... Interrogé sur sa "masterclass", Curry n'a d'ailleurs pas voulu s'étendre: "Je ne classe pas mes performances, je veux juste gagner".

 

                


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