NBA : Rudy Gobert, la nouvelle dimension

Reuters

Si Utah plafonne, Rudy Gobert rayonne. Après 11 rencontres, le bilan du Jazz est forcément décevant pour un demi-finaliste de Conférence : 5 succès pour 6 revers, et une faiblesse à domicile (1 victoire en 5 matchs) rédhibitoire quant on aspire à jouer les premiers rôles. Pourtant, le pivot tricolore parvient à tirer son épingle du jeu malgré les difficultés de sa franchise. Le DPOY de la saison dernière a encore passé un cap sur ce début d’exercice, avec des statistiques en hausse aux points, aux rebonds, mais aussi dans l’efficacité puisqu’il est actuellement avec 71.9% le joueur le plus adroit de la Ligue, devant Domantas Sabonis, DeAndre Jordan et JaVale McGee.

Plus de tirs, plus de points

« The Stifle Tower », l'un de ses surnoms outre-Atlantique (la Tour d'Etouffement), postule donc logiquement pour une place au prochain match des étoiles. Une rencontre pour laquelle les places valent chères, et ceux même si Utah devrait remonter au classement de la Conférence Ouest dans les semaines à venir. A un poste où la concurrence ne manque pas à l’Ouest (Karl-Anthony Towns, Marc Gasol, Nikola Jokic, LaMarcus Aldridge, Clint Capela, DeAndre Jordan, Jusuf Nurkic), l’intérieur français aura fort à faire pour porter pour la première fois le maillot étoilé. D’autant que ce match met rarement en valeur les joueurs à vocation défensive et que la franchise mormone, dont l’identité est basée sur ce versant du jeu, ne permet pas à ses joueurs de briller autant que d’autres en attaque.

Cela ne dessert plus autant le pivot cette saison puisque que le natif de Saint-Quentin devient une menace offensive de plus en plus présente et constante. Avec ses 16 points de moyenne, Gobert n’a jamais été aussi prolifique dans sa carrière. La confiance aidant, le numéro 27 déclenche plus de tirs qu’auparavant (8.7/m contre 7.8/m en moyenne sur les deux dernières années), la très grande majorité sous le cercle, et ne rate rien ou presque. Avant de recevoir cette nuit des Celtics en back-to-back (03h30 - beIN SPORTS 1), Rudy Gobert a inscrit 65 de ses 87 tentatives. Pour expliquer cette embellie, plusieurs éléments sont à prendre en compte.

Rendez-vous à Charlotte

La première évidemment, c’est la présence de Donovan Mitchell. L’autre candidat du Jazz au All-Star Game occupe énormément les défenses et permet au pivot de bénéficier de plus d’espace dans la raquette. Tout comme le jeu sur pick-and-roll du Français avec Ricky Rubio, jamais le dernier pour distribuer les offrandes dans le bon tempo (8 passes décisives par match pour l’Espagnol). Rajoutez à cela un travail constant de l'intérieur depuis son entrée en NBA pour améliorer ses qualités de finition et cela donne un élément redoutable sur lequel peut s'appuyer sa franchise.

Une production en hausse qui n’est en tout cas pas le fait du coach Quin Snyder, puisque le pivot de 26 ans est à peine plus sollicité que l’an passé en attaque par sa formation, comme le montre l’ « Usage % » du Tricolore (le temps de possession d'un joueur avec le ballon pour son équipe) : 16.7 contre 16.2 sur la saison précédente, soit seulement le neuvième USG% de son équipe ! A titre de comparaison, Russell Westbrook et Giannis Antetokounmpo, les deux leaders de la Ligue sur cette statistique, détiennent une utilisation de 33.4%.

Si Utah doit obligatoirement remonter dans la hiérarchie de la Conférence Ouest pour faire de Rudy Gobert un véritable prétendant au All-Star Game, le Français remplit pour sa part toutes les cases pour une première cape à Charlotte le 17 février prochain. Une nouvelle étape dans la carrière de « Gobzilla » dont l’appétit et la soif de succès n’ont pas fini de causer des tourments aux raquettes adverses.