NBA : Les Lakers n'ont pas de temps à perdre

Reuters

Les blessures de James (cheville) et Anthony Davis (tendon d'Achille) avaient anéanti tout espoir de conserver leur titre de champion glané en octobre 2020 dans la bulle d'Orlando et abandonné aux Milwaukee Bucks. Les Lakers ont fait le ménage dans leurs rangs pour la nouvelle saison qu'ils entament mardi contre les Golden State Warriors. Seuls trois joueurs sur les dix-neuf qui composaient l'effectif ont été conservés: les deux stars, ainsi que le prometteur Talen Horton-Tucker (20 ans). 

Et si quelques jeunes ont été engagés (Kendrick Nunn, Malik Monk pour les seconds rôles, le Français Sekou Doumbouya pour le fond de banc), les principales recrues sont des vétérans, âgés de 32 à 37 ans: Russell Westbrook, Carmelo Anthony, Rajon Rondo, DeAndre Jordan, Dwight Howard, Trevor Ariza, Kent Bazemore et Wayne Ellington. Selon le site analytique Real GM, l'équipe "pourpre et or" sera de loin la plus âgée de la Ligue cette saison, avec une moyenne d'âge de presque 31 ans (30,7).

Ce qui n'est pas en soi si élevé. Sauf qu'en regardant de plus près, ses plus "vieux" joueurs seront les plus sollicités, hormis Anthony Davis, 28 ans, homme fort de l'effectif, sans lequel les ambitions de titre seraient utopiques. Son absence de plusieurs semaines au printemps en a été la preuve, puisque L.A., qui en plus ne pouvait pleinement compter sur James souffrant d'une cheville, a été sorti au 1er tour des play-offs par Phoenix.

"Maison de retraite"

Les optimistes rappelleront néanmoins qu'après tout, les Dallas Mavericks de Dirk Nowitzki et Jason Kidd avaient en moyenne 31,6 ans quand ils ont été sacrés en 2011, et les Chicago Bulls de Michael Jordan et Dennis Rodman dépassaient 32 ans lorsqu'ils ont réalisé le triplé en 1998. Mais ces équipes tiraient les bénéfices d'automatismes construits sur plusieurs années. D'aucuns se moquent déjà de "la maison de retraite Lakers", en avançant le risque accru de blessures pour ses pensionnaires et le manque de temps pour créer une alchimie afin que cette somme d'individualités, aussi talentueuse soit-elle, devienne vite une équipe. Les intéressés n'en ont cure.

"Vous n'avez pas de longévité dans cette ligue sans discipline. Nous avons des gars qui ont du kilométrage, mais il y a bien une raison pour laquelle ils jouent encore. Je ne suis pas inquiet, le mental, la sagesse seront clés pour l'emporter. Or nous en avons beaucoup, avec l'expérience", a argué Rondo qui a déjà été champion, comme James, Davis, Howard et Ariza. Or si l'expérience évoquée consiste à montrer le chemin pour être sacré, des stars comme Westbrook ou Anthony ne peuvent pas s'en prévaloir, eux qui rêvent d'un premier titre afin de couronner une carrière réduite à des distinctions individuelles.

Surcroit de motivation

"Nous avons une énorme puissance de feu, beaucoup de gars très motivés pour faire en sorte de gagner. Il va falloir mettre tout ça en place au cours de la saison, mais je pense que nous avons une très bonne chance", a assuré l'entraîneur Frank Vogel. James, lui, voit les ricanements comme source d'un surcroît de motivation. "Continuez de parler de mon équipe, de l'âge de nos joueurs, de leur manière de jouer, qu’untel est toujours blessé, qu’on a fait notre temps en NBA, etc. S'il vous plaît: gardez la même énergie quand ça va commencer. C'est tout ce que je demande !", a-t-il récemment tweeté.

Les six matches de présaison conclus par autant de défaites n'ont pas rassuré les fans des Lakers. D'autant qu'ils déplorent déjà des blessés, avant d'ouvrir la saison contre Golden State: Ariza (cheville), Horton-Tucker (pouce), Monk (aine), Nunn (cheville), Ellington (ischio-jambiers). "Il va nous falloir du temps pour devenir l'équipe que nous pouvons être. Il y aura des moments où nous ne serons pas tout à fait au point, où nous ferons des pas en arrière. Cela fait partie du processus. En tant que leader, je ne peux pas me permettre d'être frustré", a relativisé James au micro d'ESPN.


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