NBA : Denver, l’outsider oublié

Reuters

Et si la franchise du Colorado décrochait en juin le premier titre de son histoire ? L’hypothèse devient de plus en plus crédible au fil des semaines. Deuxième de la Conférence Ouest (37v - 16d), Denver signe pour le moment un parcours très sérieux, digne d’un candidat aux Finales NBA. Battus en sept manches l’an dernier par les Trail Blazers en demi-finale de Conférence, les Nuggets montrent cette saison qu'ils ont une carte à jouer pour troubler l'ordre établi. Portrait d’une équipe qui n’a pas fini d’embêter le reste de la Ligue.

Un leader : Nikola Jokic

En mode diesel, le géant serbe a entamé sa campagne sur un petit rythme (15 points de moyenne en octobre et novembre) avant de prendre les choses en main à l’arrivée de l’hiver. Le résultat est ébouriffant : 20.8 pts/m en décembre, 23.4 pts/m en janvier et 30.4 pts/m sur les quatre rencontres de février. Celui qui célèbrera à Chicago dimanche sa deuxième sélection All-Star a retrouvé le sens de son jeu, en même temps que son statut de franchise player. Et le casse-tête est insoluble pour ses adversaires. En démonstration récemment face à ce qu’il se fait de mieux défensivement à son poste, Rudy Gobert, le Joker et ses 11 triple-doubles confirme cette année qu’il est définitivement de la trempe des meilleurs joueurs NBA. Le genre d’homme capable de mener sa formation au titre

Un facteur X : Jamal Murray

Que penser du meneur canadien ? A presque 23 ans (il les fêtera le 23 février), l’ex-combo guard de Kentucky alterne le génial et le très moyen, parfois au cours d’un même match. Encore très jeune, Murray sait se muer en lieutenant de luxe comme passer totalement au travers de certaines parties. Scoreur insouciant, sa complémentarité avec Jokic ne saute pas toujours aux yeux. Shooteur irrégulier, le 7ème choix de la draft 2016 n’est pas non plus un as du « pick and roll » et c’est avant tout sa propension à prendre feu qui sauve les apparences. Un manque de constance rédhibitoire au plus haut niveau...

Jamal Murray

 

Un style : un tempo très lent

Autrefois réputé pour son « run and gun », Denver a bien changé. Pour coller au style de Nikola Jokic, les Nuggets ont ralenti la cadence. C’est bien simple, les Pépites sont l’équipe avec le rythme de jeu le plus lent de la Ligue derrière les Hornets. Avec bien plus de réussite que la formation de Caroline du Nord. Dans les chiffres, cela se traduit de belle manière puisque Denver possède par exemple le second meilleur ratio « passes décisives / turnovers » de toute la NBA ou encore le quatrième ratio de passes décisives sur paniers marqués de la Ligue. Pour faire simple : Denver est avant tout un collectif ultra rodé sublimé par une individualité extraordinaire nommé Jokic.

Une force : sa capacité à bien voyager

Longtemps maître à domicile dans son Pepsi Center, Denver a ajouté une corde très intéressante à son arc cette saison : son habilité à gagner à l’extérieur. 5ème meilleur bilan de la Ligue loin de ses bases avec 17 succès pour 10 revers (contre un bilan négatif de 20 victoires pour 21 défaites la saison dernière), la franchise des Rocheuses a déjà gagné sur cet exercice à Milwaukee, à Los Angeles (contre les Lakers et les Clippers), à Indiana, à Dallas ou bien à Utah et Portland, où les joueurs de Mike Malone ont éteint Damian Lillard. Les Nuggets sont aussi extrêmement habiles dans les rencontres au sein même de leur Conférence puisqu’ils possèdent le deuxième meilleur bilan de l’Ouest face aux équipes… de l’Ouest (24v- 8d). Hormis les Lakers, personne ne fait mieux. En résumé, Denver gagne beaucoup à l’extérieur et ne perd pas face aux équipes de sa Conférence. Un sacré atout pour les Playoffs.

Denver Nuggets