NBA - De Jabbar à Giannis, les Bucks, 50 ans entre deux titres

Reuters

Tout a commencé, ou presque, le 19 mars 1969, par une pièce lancée en l'air par le patron de la NBA de l'époque, J. Walter Kennedy. Cet improbable tirage au sort devait déterminer qui des Suns ou des Bucks, deux jeunes franchises créées l'année précédente, allait pouvoir se servir en premier parmi les jeunes universitaires aspirants à la NBA. Phoenix avait choisi face, ce fut pile, et quelques jours plus tard, Milwaukee officialisait l'arrivé de Lew Alcindor, jeune pivot de 21 ans au talent offensif jamais vu pour un joueur de cette taille (2,18 m). Dès sa première saison, Alcindor emmène les Bucks en demi-finale, mais il est un peu seul et en 1970, la franchise recrute le meneur de légende Oscar Robertson, vieillissant et dont la carrière est dans une impasse. Positionné en joueur de complément, "Big O" propulse son équipe en finale, où elle rosse les Baltimore Bullets 4-0. Métropole régionale d'un peu plus de 700.000 habitants, Milwaukee est champion, une incongruité dans un Etat qui ne jure que par son équipe de football, les Green Bay Packers. Les "cerfs" retournent en finale en 1974, mais déçoivent une première fois, corrigés au septième match décisif par les Boston Celtics.

 

Géant aux pieds d'argile


Devenu Kareem Abdul-Jabbar en 1971, l'ex-Lew Alcindor ne se sent pas chez lui à Milwaukee, une ville conservatrice, considérée comme l'une des plus inégalitaires des Etats-Unis sur le plan racial. Il demande son transfert, qu'il obtient en 1975 après une dernière saison ratée. Les Bucks redeviennent ordinaires l'espace de quelques saisons, mais dès 1980-81, ils sont de retour sur le devant de la scène, avec un jeune entraîneur de talent, Don Nelson, à la manoeuvre. Nouvelle déception, ils échouent au premier tour contre Philadelphie, laissant échapper, une nouvelle fois, un septième match décisif, d'un point. Au milieu des années 80, les Bucks alignent une génération dorée avec Terry Cummings, Sidney Moncrief, Paul Pressey ou Ricky Pierce. Mais ils se font encore fesser deux fois (4-0) successivement par Philadelphie et Boston, en 1985 et 1986.

Suivront plus de dix ans de trou noir, avant qu'une nouvelle cuvée de prestige n'arrive à maturité. Ray Allen, Sam Cassell, Glenn Robinson et Tim Thomas poussent Philadelphie au septième match de la finale de Conférence Est 2001, mais Milwaukee craque encore, enseveli sous les assauts du feu-follet Allen Iverson (44 points). En 2017, après une décennie chaotique, les Bucks pointent de nouveau leur nez en play-offs. Après deux années d'apprentissage, ils se présentent en 2019 avec l'étiquette de meilleure équipe de la saison régulière. Nouveau naufrage face à Toronto, qui aligne quatre victoires d'affilée en finale de Conférence Est après avoir été mené 2-0, puis l'année suivante au deuxième tour contre Miami.

Milwaukee hérite de nouveau de l'étiquette de géant aux pieds d'argile, incapable de donner le dernier coup de rein pour décrocher le titre. Et cette saison, la mécanique s'inverse. Après avoir balayé Miami au premier tour, Milwaukee revient de l'enfer contre Brooklyn (4-3) puis écarte Atlanta sans Giannis Antetkounmpo avant de remonter un déficit de deux victoires contre Phoenix. La malédiction est vaincue. Antetokounmpo a fait la différence, comme Jabbar 50 ans plus tôt.
 

50 ans après, les Bucks triomphent !

 


>