Jonas Valanciunas, un Grizzly qui sort les griffes

Reuters

Des seize équipes virtuellement qualifiées pour les play-offs à ce jour, Memphis est sans doute (avec OKC ?) celle qu’on attendait le moins. Les Grizzlies, douzièmes la saison passée, sont actuellement huitièmes (32v-33d), avec une belle chance de voir les phases finales, si la saison reprend, bien sûr. Pourtant, en l’espace de six mois, Memphis s’est séparé de ses deux joueurs emblématiques, Marc Gasol, parti en février chercher une bague à Toronto, et Mike Conley, parti renforcer Utah durant l’été.

C’est donc une équipe toute neuve qui s’est construite depuis un an, bien loin du « grit ans grind » avec Ja Morant bien sûr, n°2 de la draft et probable « rookie de la saison », mais aussi Jonas Valanciunas. Arrivé dans le Tennessee dans le cadre du trade de Marc Gasol, le Lituanien, qui a passé les six premières saisons et demie de sa carrière au Canada, s’est parfaitement adapté à sa nouvelle franchise, en signant 19,9 points et 10,7 rebonds de moyenne en fin de saison passée.

Valanciunas sixième rebondeur de NBA


Cette saison, le pivot de bientôt 28 ans tourne à 14,9 points et 11,2 rebonds de moyenne en 26,3 minutes, avec 58,6% de réussite au tir et 33 double-double en 62 matchs ! Lui qui n’a jamais marqué plus de 11 ou 12 points de moyenne avec les Raptors s’est transformé en arme offensive (4eme meilleur marqueur de l’équipe), et a même connu une pointe à 32 points contre Chicago en décembre. Pourtant, Valanciunas doit partager le temps de jeu dans la raquette avec Jaren Jackson Jr (16,9pts et 4,7rbds en 28min) et Brandon Clarke (12pts et 5,8rbds en 21,7min).

Le coach Taylor Jenkins, arrivé l’été dernier, a mis cette rotation en place, et cela semble convenir à tous ses intérieurs, servis pas un Jo Morant tournant à 7 passes moyenne. En plus de contribuer à près de 15 points par match, le pivot lituanien, qui mesure 2,11m, est aussi un excellent capteur de ballons. Il est tout simplement le sixième meilleur rebondeur de NBA, devant des joueurs comme Nikola Jokic, Bam Adebayo ou DeAndre Jordan. « Sur le plan défensif, le fait qu’il protège le cercle et la raquette, c’est énorme, comme sa capacité à marquer sur les rebonds. Il est devenu à l’aise pour trouver les endroits où il peut faire un impact des deux côtés du terrain », se réjouissait son coach il y a un mois après une victoire contre Atlanta.

Il tente de plus en plus de tirs à 3 points


Mais s’il reste un pivot « à l’ancienne », d’abord concentré sur les points marqués près du cercle, les rebonds, et les contres (1,1 par match), Jonas Valanciunas tente de plus en plus de s’écarter. Cette saison, il a ainsi tenté 79 tirs à 3 points (un record dans sa carrière), et en a marqué 29 (soit 36,7% de réussite). Lors de sa deuxième moitié de saison à Memphis l’an passé, il n’en avait par exemple marqué que 5 sur 18 (en 26 matchs), preuve de l’évolution de son jeu sous Taylor Jenkins. « Le jeu a changé ces derniers temps.

Pas complètement mais un peu quand même. Il faut élargir son rôle pour pouvoir jouer autrement qu’au poste bas. J’essaye de travailler sur mon tir à trois points et sur le drive », avait déclaré le Lituanien en décembre 2019, tout en concédant que s’il pouvait changer une chose en NBA, il ramènerait les « big men ». Finalement, le pivot a su moderniser son jeu, pour le plus grand bonheur de Memphis, avec qui il a prolongé l’été dernier jusqu’en 2022.