Duncan Robinson, une surprise qui vient de loin

Reuters

« Si au moment du training camp vous aviez fait un sondage chez les joueurs NBA pour demander qui est Duncan Robinson, je pense que 70% des réponses auraient été je ne sais pas » a avoué Erik Spoelstra après un match de saison régulière contre le Magic. Aujourd'hui pourtant, tout le monde connaît le joueur du Miami Heat. Depuis le début de la saison, il n'a pas cessé d'impressionner. Désormais, le sophomore est susceptible de rentrer dans l'histoire de sa franchise et même de la ligue.

Son style de jeu unique lui a permis d'arriver jusque-là. Pur shooteur, le natif du Maine tente sa chance quasi-exclusivement derrière l'arc. Cette saison, 84,5% de ses points proviennent de tirs à 3 points. Un pourcentage qui pourrait lui permettre de battre un record.

Le plus incroyable, c'est que malgré un nombre élevé de tirs extérieurs tentés, D-Rob parvient à se glisser dans le top 10 des joueurs les plus adroits dans cet exercice. Un véritable exploit. Avec environ 44% de réussite, il est d'une régularité remarquable. Ses récentes performances lui permettent de marcher dans les traces de Steph Curry ou James Harden, les deux seuls autres joueurs qui ont été capables de marquer 300 tirs extérieurs sur une seule saison NBA.

Le joueur de 26 ans sent le jeu et parvient toujours à se démarquer pour prendre des shoots lointains mais ouverts. Dans l'histoire du Heat, aucun joueur n'avait marqué autant de tirs à 3 points sur une saison. Grâce à son adresse extérieure, Miami possède le meilleur pourcentage à 3 points de la Ligue. Une force qui a permis aux coéquipiers de Bam Adebayo d'occuper le quatrième rang de la conférence Est au moment de la suspension de la saison. Et pourtant, la franchise floridienne aurait pu passer à côté de ce joyau. Comme les 29 autres équipes de la NBA.

Troisième division universitaire, saison blanche et ligues d'été ont forgé la destinée de Duncan Robinson


Sur le terrain ou dans sa carrière, Duncan Robinson a été patient. Une qualité qui lui a permis de se frayer un chemin jusqu'au plus haut niveau. Ce n'était pourtant pas gagné. Avec son mètre 70 au lycée, il était loin d'être aussi suivi que certaines stars qui font déjà la une des journaux.

 Même en NCAA, celui qui tourne désormais à 13,3 points, 3,3 rebonds et 1,4 passe décisive par match de NBA a mis du temps à s'imposer. Il a commencé son cursus universitaire à Williams, une fac évoluant en troisième division. Rodée, sa mécanique de shoot lui a permis d'être recruté par Michigan. Premier basketteur de l'histoire à voir sa bourse être transférée du troisième échelon à l'élite nationale, l'arrière ou ailier a passé une saison sur la touche avant de s'illustrer avec 42% de réussite. Une moyenne qu'il a gardée sur trois saisons avec les Wolverines.

Enfin dans la lumière, il n'a pas été assez séduisant pour être drafté. C'est donc en brillant lors des ligues d'été que le jeune joueur s'est fait une place au soleil. A la force de son poignet, et de son 60% au tir à 3 points, Duncan Robinson a convaincu le Heat de le recruter avec un two-way contract. Cette porte ouverte lui a permis de goûter à la grande ligue l'an passé. Et désormais, il affole les compteurs pour sa première saison pleine au plus haut niveau. Des performances qui font que son coach, Erik Spoelstra a avoué le considérer comme « un des meilleurs shooteurs de la planète. » Un compliment qui prouve à quel point Duncan Robinson a marqué les esprits malgré son style singulier et son parcours atypique.