Natation - ISL : Deux anciens dirigeants tapent du poing sur la table

Le 25 août dernier à Naples, avait été donné le coup d'envoi de la saison 3 de l'International Swimming League (ISL), compétition internationale de natation se déroulant sous la forme d'un système de ligue fermée répartie en deux conférences, avec une saison régulière et des play-offs, et dont la deuxième année avait été chamboulée par la pandémie de Covid-19. Florent Manaudou, qui fait de nouveau partie des stars de l'épreuve, au même titre qu'Emma McKeon, Caeleb Dressel, Federica Pellegrini ou encore les sœurs Campbell, figure parmi les sept Français (Clément Mignon, Marie Wattel, Béryl Gastaldello, Mélanie Hénique, Fantine Lesaffre et Mewen Tomacsur). Manaudou et Mignon défendront les couleurs de l'Energy Standard, encore dirigée il y peu par Jean-François Salessy notamment. Après avoir reproché dans une lettre ouverte la gestion unilatérale du propriétaire de l'ISL, le milliardaire ukrainien Konstantin Grigorishin, et déploré notamment des carences de paiement, l'agent de Florent Manaudou avait en effet décidé de claquer la porte, le 15 novembre dernier. Dix mois plus tard, Jean-François Salessy assure pourtant que les errements qu'il avait dénoncés au moment de rendre son tablier sont toujours bien présents. L'ancien manager général de l'Energy Standard s'en offusque ce lundi dans un courrier écrit communément avec l'ancien directeur commercial de l'ISL Hubert Montcoudiol au titre emblématique "Rien n'a changé !" Et ce en dépit des promesses faites par l'ISL dans un communiqué quelques jours après que les deux hommes ont quitté le navire.

"La saison a été organisée malgré les problèmes persistants"


"Notre approche pour livrer la saison 2020 a peut-être causé des frictions avec certains fournisseurs, mais nous honorerons toutes nos obligations avant le début de la planification de la saison 3", affirmait à l'époque la ligue si chère à Konstantin Grigorishin. "Au 16 septembre 2021, après six matches de la saison 3 d'ISL, la situation reste la même : les factures sont impayées", peut-on lire dans le courrier en question. "Cette dernière saison a donc été organisée malgré les problèmes persistants avec les créanciers. Le comportement non professionnel de l'ISL envers plusieurs fournisseurs, qui dure depuis la première saison 1 en 2019, n'a pas encore été résolu. La majorité des nageurs d'élite, certains partenaires de la production audiovisuelle et d'autres fournisseurs considérés comme essentiels sont payés sur une base arbitraire alors que d'autres ne le sont pas", poursuivent Salessy et Montcoudiol, qui regrettent au passage les nombreuses "victimes" qu'ont provoquées ces agissements : "Des institutions hongroises (saison 2 à Budapest), des agences de communication, des attachés de presse, des agences de voyages, des managers, des directeurs opérationnels, des webmasters, des spécialistes des agences numériques et d'autres consultants".

"Le fondateur, le PDG et le Board se cachent derrière des conjonctures"


A entendre les deux ex-dirigeants, la liste est très longue. "Ces entités qui ont aidé l'ISL à se développer au cours de ses deux premières saisons attendent toujours d’être payés, ce qui au total représente aujourd’hui un nombre à sept chiffres. Des entreprises, ainsi que des sociétés indépendantes, ont été confrontés à des difficultés financières de ce fait") et le constat face à cette situation en l'état ne leur laisse que plus d'amertume encore. "Le manque de couverture médiatique de cette saison 3 conjugué au manque de confiance des sponsors paraît logique dans ces conditions. Il est clair que le fondateur, le PDG et le Board d'ISL se cachent derrière des conjectures : « les contrats ne sont pas en place », « nous reconnaissons qu'il y a des problèmes », « nous sommes surpris d'entendre qu'il y a des problèmes », « nous travaillons activement à les résoudre » etc… "L'écosystème de la natation n'a pas besoin d'être affaibli. Générer des espoirs pour ensuite les décevoir est terrible", concluent l'ancien manager général de l'équipe de Florent Manaudou et l'ancien directeur commercial d'ISL. Deux hommes qui s'attendaient à ce que leur départ fassent bouger les choses. Aujourd'hui, c'est tout sauf le cas, à les entendre. Et ils le regrettent profondément. Très amers.

Le courrier de Jean-François Salessy et Hubert Montcoudiol
International Swimming League : Rien n'a changé !
En novembre dernier, nous quittions les postes de directeur commercial d’ISL et Manager Général de l’équipe Energy Standard en dénonçant les pratiques d’ISL envers ses fournisseurs et ses employés
En novembre 2020, quelques jours après, ISL publiait un communiqué : « Notre approche pour livrer la saison 2020 a peut-être causé des frictions avec certains fournisseurs, mais nous honorerons toutes nos obligations avant le début de la planification de la saison 3. »
Au 16 septembre 2021, après six matches de la saison 3 d'ISL, la situation reste la même : les factures sont impayées. Cette dernière saison a donc été organisée malgré les problèmes persistants avec les créanciers. Le comportement non professionnel de l'ISL envers plusieurs fournisseurs, qui dure depuis la première saison 1 en 2019, n'a pas encore été résolu.
La majorité des nageurs d'élite, certains partenaires de la production audiovisuelle et d'autres fournisseurs considérés comme essentiels sont payés sur une base arbitraire alors que d'autres ne le sont pas.
La liste des victimes de ces agissements comprend des institutions hongroises (Saison 2 à Budapest),des agences de communication, des attachés de presse, des agences de voyages, des managers, des directeurs opérationnels, des webmasters, des spécialistes des agences numériques et d'autres consultants.
Ces entités qui ont aidé l'ISL à se développer au cours de ses deux premières saisons attendent toujours d’être payés, ce qui au total représente aujourd’hui un nombre à sept chiffres !
Des entreprises, ainsi que des sociétés indépendantes, ont été confrontés à des difficultés financières de ce fait.
Le manque de couverture médiatique de cette saison 3 conjugué au manque de confiance des sponsors paraît logique dans ces conditions.
Il est clair que le fondateur, le PDG et le Board d'ISL se cachent derrière des conjectures : « les contrats ne sont pas en place », « nous reconnaissons qu'il y a des problèmes », « nous sommes surpris d'entendre qu'il y a des problèmes », « nous travaillons activement à les résoudre » etc… L'écosystème de la natation n'a pas besoin d'être affaibli. Générer des espoirs pour ensuite les décevoir est terrible. ISL saison 3 : rien n’a changé.

>