Décès C.Muffat : Quand Bonnet avait pensé (deux fois) à tout arrêter

Pour le sport français, le 9 mars 2015 constituera à tout jamais l'un des épisodes les plus tragiques de l'histoire. Le dramatique crash d'hélicoptère survenu en Argentine en plein tournage de l'émission « Dropped » avait en effet provoqué la mort de trois de nos champions : le boxeur Alexis Vastine, la navigatrice Florence Arthaud et la petite perle de la natation française Camille Muffat. Dimanche dernier, Maxine Eouzan, fraîchement grande gagnante du « Koh Lanta : Les Armes Secrètes » et journaliste de la chaîne Sport en France, pour qui elle présente notamment l'émission « Génération Jeunes » a invité Charlotte Bonnet pour l'une de ses interviews « Phoenix » sur Instagram à revenir sur le décès de Camille Muffat, qui représentait tout pour la Niçoise.

L'intéressée a d'ailleurs vécu la perte de sa grande amie, grande sœur de coeur, confidente, mentor, modèle et même davantage encore comme un véritable tremblement de terre dans sa vie mais aussi dans sa carrière. « Tu prends un gros coup sur la tête, c’est hyper dur, tu penses que tu n’y arriveras jamais, tu as des pensées noires, c’est vraiment une tragédie qui t’arrive. » Dévastée par cette disparition, la nageuse française avait même pensé à à mettre un terme à sa carrière alors que se profilaient pourtant les Jeux Olympiques de Rio 2016.

« Tout me ramenait à elle »


Dans le cadre de cet Instalive consacré à la résilience dans le sport, sujet très cher à Maxine Eouzan, contrainte de renoncer à ces mêmes Jeux de Rio à l'âge de 20 ans suite à un burn out alors qu'elle faisait partie des médaillées potentielles de l'équipe de France en plongeon, Bonnet a accepté de se replonger six ans en arrière. « En fait, je n’ai plus envie de continuer. C’est horrible, parce que tout me ramenait à elle. C’était une sœur, mais aussi une partenaire d’entraînement et une amie. Je me suis dit que j’allais arrêter. »

Finalement, la future triple championne d'Europe (à Glasgow en 2018) trouve la force de faire le voyage à Rio, où elle ne fait pas mieux que huitième (sur 200m nage libre). Au retour du Brésil, elle songe donc de nouveau à tout arrêter. « Je reviens, je me dis que j’arrête, que c’est trop compliqué et que je n’ai plus envie de m’infliger ça », se souvient Bonnet, alors toujours complètement chamboulée par le drame survenu l'année précédente.

 

« J'ai mis deux ans à me relever »


Sur les (précieux) conseils de sa famille, elle décide malgré tout d'insister, et de jouer sa dernière carte, dans le cabinet d'une psychologue. Un ultime joker sous forme de quitte ou double qui s'avère gagnant. « C’est ça qui m’a remis dans le droit chemin, avoue avec du recul la médaillée de bronze des JO de Londres sur le relais 4x200m, mais ça a mis pratiquement deux ans avant que je me relève sportivement et que j’arrive à me sortir la tête de l’eau (...) J’avais besoin d’un soutien, que l'on me dise les choses et que l'on me rassure. Les premières séances étaient hyper douloureuses : je ne parlais pas beaucoup, je ne faisais que pleurer… Je me voyais tellement profonde et loin d’une vie normale que je me demandais comment j’allais refaire surface. » Une question à laquelle elle a fini par trouver la réponse avec le temps. « Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux et je sais que j’ai pris les bonnes décisions. » Elle n'oubliera jamais pour autant ce maudit 9 mars 2015.

 


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