MLS : Le bilan 2019 des joueurs africains

1 - Les plus constants


Encore une fois meilleur buteur africain en MLS avec 14 buts à son compteur, l'attaquant sierra-léonais Kei Kamara continue de s'imposer, et ce, peu importe le club où il évolue (7 en 13 ans). Transféré de Vancouver vers Colorado pendant l'intersaison, Kamara a continué à produire en dépit d'un effectif peu convaincant sur le plan du jeu et des résultats.

Du côté de la défense, il faut souligner également la constance du Congolais Chris Mavinga avec le Toronto FC. Car en défense centrale, il s'est imposé comme un maillon fort alors qu'une bonne partie du bloc avait été modifié ou avait régressé. Sa vitesse et son engagement auront été des facteurs déterminants pour le TFC qui est revenu en grande finale face à son rival de toujours, les Seattle Sounders. Une blessure lors de ce grand rendez-vous aura toutefois permis à Seattle de remporter la belle et d'obtenir un second titre de Coupe MLS.

 

2 - En progression


Après des débuts modestes, mais intéressants avec le Sporting Kansas City en 2017, l'attaquant polyvalent ghanéen Latif Blessing semble avoir trouvé une niche avec le LAFC depuis l'an dernier. Bien qu'il n'ait marqué qu'un but de plus en 2019 (6 au compteur avec autant de passes décisives), son temps de jeu et le nombre de ses titularisations n'ont jamais cessé de s'accroître ; l'entraîneur Bob Bradley lui faisant de plus en plus confiance tout en lui ayant donné un nouveau rôle au milieu de terrain pour soutenir les fers de lance offensifs du club que sont Diego Rossi et le Mexicain Carlos Vela. Âgé d'à peine 22 ans, on n'a sans doute encore rien vu de son potentiel.

 

 

3 - En régression


Après avoir connu une saison exceptionnelle en 2016, l'ailier ghanéen David Accam a depuis connu l'une des plus vertigineuses chutes depuis son transfert vers l'Union de Philadelphie en 2018. Et alors qu'il espérait pouvoir se relancer en 2019 après un début de campagne intéressant, voilà que l'Union le transfère vers le Columbus Crew où il a de nouveau piquer du nez. Pourtant, le Crew est un club où les joueurs ghanéens se sentent historiquement à l'aise, mais cette année en fut une à oublier pour tout le monde, même pour Harrison Afful : l'ancien latéral droit de l'Espérance de Tunis a vécu la pire saison en carrière dans la MLS, bien que meilleure que celle d'Accam, ce qui en dit long.

Un autre Africain dont le transfert il y a deux ans aura été très décevant, c'est l'attaquant sénégalais Dominique Badji. Lui qui progressait constamment dans la bonne direction avec les Colorado Rapids aura finalement pris le chemin inverse avec le FC Dallas depuis 2018, alors que sa production offensive a chuté en dépit d'un contexte pourtant favorable où le club texan lui a fait confiance pour qu'il devienne le taulier à la pointe de l'attaque. Avec 6 buts seulement en 24 titularisations, autant dire qu'il a bousillé sa chance de s'affirmer comme une valeur sûre.

 

 

4 - Meilleurs nouveaux venus


Sans contredit, le défenseur latéral droit Romain Métanire (photo) s'est avéré l'une des meilleures recrues africaines à avoir évolué en MLS. Faisant partie d'une série de nouvelles acquisitions destinées à propulser le Minnesota United FC vers un niveau supérieur à leur troisième saison dans le circuit Garber, l'international malgache a fait profiter son nouveau club de ses qualités athlétiques qui lui ont permis d'être aussi efficace en défense qu'en attaque (1 but et 7 passes décisives). Ce faisant, Minnesota s'est qualifié pour la première fois en playoffs tout en atteignant contre toute attente la finale de la U.S. Open Cup, où il s'est hélas incliné contre Atlanta United. Un bonheur n'arrivant jamais seul, Métanire s'est également signalé avec la sélection malgache lors de la CAN 2019, les Barea atteignant les quarts de finale.

Davantage dans l'ombre, le milieu relayeur Jamiro Monteiro fit également partie des meilleurs nouveaux venus africains à s'être imposés en MLS. Acquis par le Philadelphia Union sous la forme d'un prêt temporaire, la direction du club a tellement apprécié les performances du joueur que ledit prêt a été prolongé jusqu'à la fin de la saison. Premier joueur issu du Cap-Vert à évoluer en MLS, Monteiro est devenu l'un des fers de lance ayant permis à l'Union de connaître l'une de ses plus belles saisons depuis des lustres. Dominant dans l'entrejeu et infatigable malgré sa petite taille, l'international cap-verdien a inscrit 4 buts et obtenu 9 passes décisives en 22 titularisations avec Philadelphie ; de très bonnes statistiques pour un milieu "box-to-box". Parions que l'Union tentera d'activer l'option d'achat pour le conserver dans son effectif en 2020.

 

 

5 - Pires nouveaux venus


Toujours dans l'ombre de son frère Paul, l'international guinéen Florentin Pogba s'est vu offrir une opportunité de faire valoir ses aptitudes au poste d'arrière gauche avec les champions MLS 2018, Atlanta United. Au sein d'un effectif pléthorique où le talent ne manque pas, Florentin Pogba n'a pas franchement démérité, mais il n'a pas été assez convaincant pour mériter une place de titulaire indiscutable (8 titularisations pour 13 matchs). Preuve que la MLS est loin d'être une ligue facile, même pour d'anciens joueurs qui n'ont rien cassé en Ligue 1 ou ailleurs.

Mais le titre de cancre de l'année parmi les nouveaux venus va malheureusement à Alhassane "Lass" Bangoura. Recruté pour dynamiser les flancs de l'attaque des Vancouver Whitecaps par son explosivité, l'international guinéen n'a jamais réussi à s'imposer, ne récoltant qu'un seul but et une passe décisive en 17 matchs, dont 7 titularisations. Certes, Vancouver était en reconstruction, avait choisi un nouvel entraîneur doué en Marc Dos Santos et avait modifié plus de 50% de son effectif, sauf que la mayonnaise n'a jamais pris en 2019. Ceci étant, Bangoura n'a guère fait mieux avec la décevante sélection guinéenne lors de la CAN 2019 en Égypte, si bien que c'est une année à oublier pour l'ancien du Rayo Vallecano, tout comme pour les Guinéens en MLS.