Ryad Boudebouz : "La Lazio, ça fait réfléchir"

Panoramic

Calme et détendu comme à son habitude, Ryad Boudebouz a accepté de nous livrer ses impressions à quelques jours de reprendre le chemin du championnat. Une Ligue 1 dans laquelle le milieu offensif du MHSC s’épanoui pleinement et où sa dernière saison aboutie n’a pas laissé insensible les recruteurs européens. A 26 ans, le meneur de jeu se sait convoité et n’exclut aucune option quant à son avenir. Un futur bien rempli aussi bien en club qu’en sélection puisque le natif de Colmar débutera dans deux mois les éliminatoires de la Coupe du Monde 2018 avec l’Algérie avant de disputer la CAN 2017 au Gabon.

Comment vous sentez-vous physiquement avant d’entamer le championnat samedi contre Angers ?

La préparation a été parfaite, bien équilibrée. On a bien bossé, les matchs amicaux nous ont permis de nous jauger face aux autres équipes et ce fut l’occasion de perfectionner le travail athlétique entrepris avec le staff. Mon but quand j’ai repris avec le groupe était de ne manquer aucun entraînement, de ne pas avoir de pépins : ce fut le cas. Je n’ai pas raté une séance. Tout s’est déroulé comme je le souhaitais.

Vous redémarrez la saison avec un statut différent au sein du MHSC après un dernier exercice qui vous a permis de vous relancer personnellement. Cela apporte un changement ?

Je ne me pose pas ce genre de questions. J’essaye toujours d’être efficace quand je joue. Aujourd’hui, je connais tous mes coéquipiers très bien, et c’est évidemment plus facile sur le terrain ensuite. Dans l’effectif, ce sont tous mes potes et je les connais par cœur.

"Je n’ai pas encore franchi de palier."

Ryad Boudebouz

Avec douze passes décisives, vous avez terminé 3ème meilleur passeur de Ligue 1. Vous en avez tiré une satisfaction particulière ?

C’était une satisfaction pour moi, oui. Je suis content d’avoir fini derrière les deux Parisiens (Zlatan Ibrahimovic et Angel Di Maria) même si j’aurais pu être un peu plus haut. Mais c’est déjà satisfaisant après le début de saison assez difficile qu’on avait réalisé (Montpellier était lanterne rouge après la 7ème journée). Désormais, je mets tout cela derrière moi, c’est du passé. Il faut se reconcentrer sur cette saison et essayer de faire mieux.

Avez-vous la sensation d’avoir franchi un cap dans votre jeu ?

Non pas du tout. J’ai mieux joué que les deux saisons précédentes mais je n’ai pas encore franchi de palier. Je ne marque pas assez de buts depuis le début de ma carrière (34 buts en 268 matchs de Ligue 1). A l’entraînement, j’y arrive mais en matchs je suis plus dans un registre de passeur. Je dois en marquer plus.

A 26 ans, vous rentrez théoriquement dans les meilleures années de votre carrière. Vous vous fixez des objectifs personnels ?

Pas du tout ! Je joue, point. Tant que je joue, c’est bien. Je me dois d’être efficace et que l’équipe gagne des matchs. Si cela se passe bien pour l’équipe, tout ira bien pour moi aussi.

Dans le football actuel,  on a tendance à placer les meneurs de jeu soit un cran plus bas sur le terrain, soit sur un côté. Tout le contraire de Frédéric Hantz qui n’a pas hésité à vous positionner en pur numéro 10. C’est un rôle plus dur à occuper ?

Chaque coach fait ses choix… mais j’aime énormément jouer dans l’axe. Pour être honnête, numéro 8, ce n’est pas mon poste et sur un côté non plus. Ce n’est pas là où je pourrais le mieux aider mes partenaires. Je peux dépanner bien sûr mais je suis un joueur qui évolue derrière l’attaquant. Actuellement, Frédéric Hantz a trouvé une tactique qui me convient et qui fonctionne bien.

Quand l’on observe le parcours du club en deuxième partie de saison, et cette 12ème place finale, on se dit que Montpellier a les moyens de jouer la première partie de tableau… Quelles sont les attentes du staff ?

Entre la 5ème et la 10ème position, cela doit être notre championnat à nous. Si on peut aller chercher plus haut, on ne se gênera pas mais l’objectif est de se situer à ce niveau-là au minimum.

Derrière l’ogre parisien, quels sont les formations qui peuvent créer la surprise à la façon de l’OGC Nice l’an dernier ?

J’aimerais bien que ce soit nous (rires) ! Derrière Paris, il y a Monaco qui n’est pas forcément une formation belle à voir évoluer mais qui est très forte défensivement. Evidemment, Lyon sera dans le coup. L’OM peut éventuellement tirer son épingle du jeu… Une saison est toujours faite de surprise et j’espère que le MHSC sera l’équipe surprise de cet exercice.

"Si l’offre est intéressante, je prendrai le temps d’y réfléchir."

Ryad Boudebouz

Le club s’est montré assez discret pour le moment lors de ce Mercato. Vous aimeriez avoir du renfort d’ici la fin du marché des transferts ?

Une, deux voire trois recrues arriveront certainement dans les prochaines semaines. C’est l’écho que nous avons eu. Le club fera certainement des coups à la fin du Mercato, sur des joueurs libres et en fin de contrat. S’il y a des renforts tant mieux, mais de toute manière, nous sommes prêts à jouer.

Il se dit dans la presse que la Lazio et le Celta Vigo s’intéressent à vous. Ce sont des rumeurs fondées ?

Tout à fait, ce sont des informations fondées puisque des contacts ont été pris avec mon agent.  C’est encourageant parce que cela prouve que mes performances de l’an passé n’ont pas laissé les gens indifférents. Si les clubs trouvent un accord, cela pourrait être une belle opportunité. La Lazio est un grand d’Italie, c’est un très bon club et ça fait réfléchir. En Espagne, le Celta Vigo a terminé 6ème de Liga… ce sont deux bons clubs. Je ne veux pas absolument partir de Montpellier, je me sens bien ici, mais si l’offre est intéressante, je prendrai le temps d’y réfléchir.

"Pourquoi pas gagner la CAN !"

Ryad Boudebouz

Avant la CAN 2017 aura lieu en octobre le début des qualifications pour la Coupe du Monde 2018. Les Fennecs figurent dans un groupe extrêmement relevé (Cameroun, Nigéria, Zambie). Comment appréhendez-vous cette échéance ?

On ne va pas se raconter des histoires, cela va être très dur. Il faudra réaliser des matchs de grande qualité si on veut s’en sortir, surtout que l’Algérie a du mal à l’extérieur et que gagner au Cameroun sera très compliqué.

Comment vois-tu ton rôle en sélection ?

Je veux simplement jouer et me qualifier. Essayer d’aller loin à la CAN et pourquoi pas la gagner ! On est tous dans cet état d’esprit et on pense aussi déjà à la Coupe du Monde en Russie. Un nouveau coach a été nommé (le Serbe Milovan Rajevac a pris la succession de Christian Gourcuff) et j’espère faire partie de ses choix.


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