Mercato : Ludovic Blas, un choix à faire

AI / Reuters / Panoramic

Arrivé de Guingamp en 2019, le milieu offensif de 24 ans a souvent donné le tempo des matches nantais, avant de devenir l'artisan majeur de la victoire en Coupe de France en mai. Désigné capitaine pour cette campagne, c'est d'ailleurs lui qui avait soulevé le trophée au Stade de France. Après avoir digéré avec peine le départ de Randal Kolo Muani vers Francfort, pourtant acté depuis janvier, les fidèles de la Beaujoire s'étaient mis à espérer que la perspective de la Ligue Europa persuade Blas, l'autre bijou de leur ligne offensive, de rester pour disputer sa première campagne européenne. 

Mais le N.10 des Canaris semble sur le départ, et même pas pour un réel cador européen: 10e la saison dernière, Lille n'aura rien à jouer cet automne. De source proche du club nantais, on parle d'un transfert qui approche les 20 millions d'euros avec les bonus, mais aussi d'hésitations du président Waldemar Kita qui envisage de proposer au joueur une prolongation, avec forte revalorisation salariale à la clé.

Nouvelle maturité

Sous contrat jusqu'en 2024, Ludovic Blas a pourtant fait son choix. Même s'il a reçu la consigne de ne pas s'exprimer devant la presse depuis le baisser de rideau de la saison dernière, il ne s'en est pas caché auprès de ses coéquipiers. Il est persuadé d'avoir plus de chances d'être performant et de goûter à l'Europe dans de meilleures conditions, dans les prochaines années, en rejoignant Lille. 

Fort d'une expérience de 199 matches en Ligue 1, le leader technique de Nantes affiche une nouvelle maturité. Sa maîtrise s'accompagne d'une capacité à répéter les efforts sans altérer sa technique ou ses fulgurances. La saison dernière, il a été le Nantais le plus efficace avec 15 buts et 5 passes décisives, s'offrant avec la Coupe de France son deuxième trophée, après l'Euro-2016 des moins de 19 ans avec l'équipe de France. Il a aussi prouvé qu'il était devenu un leader de vestiaire capable de donner de la voix, et d'être écouté.

Dimanche dernier à Angers (0-0), pour ce qui aura peut-être été son dernier match en Jaune et Vert si l'imminence d'un accord oblige l'entraîneur Antoine Kombouaré à le laisser en tribune vendredi, il a encore montré que c'était lui qui avait la capacité de réveiller le jeu nantais.

Kombouaré "inquiet"

Alors que les Canaris ont longtemps été dominés, il a beaucoup pesé quand Kombouaré l'a replacé dans l'axe et il a fallu un Paul Bernardoni en grande forme pour détourner ses frappes. Son départ porterait un coup sévère au dispositif de Kombouaré, d'autant que l'impact de Moussa Sissoko, recrue phare de l'été nantais, se fait encore attendre sur le milieu nantais. Il semble en plus que Nantes ne soit pas particulièrement avancé dans la recherche d'un remplaçant. D'ailleurs, plutôt que lui chercher une copie, les dirigeants nantais semblent enclins à recruter un profil plus attaquant et attendre que Kombouaré modifie son système.

Difficile à l'orée d'une saison où Nantes aura à coeur de bien figurer sur la scène européenne... et d'éviter de trembler en bas de tableau comme en 2020/2021. "Je ne vous cache pas que je suis inquiet", avait reconnu l'entraîneur nantais la semaine dernière devant la presse, interrogé sur un possible départ de Blas, d'autant qu'Alban Lafont, gardien et capitaine, et Moses Simon, dynamiteur de l'aile gauche, disposent aussi d'un bon de sortie en cas d'offre intéressante. "On peut trembler jusqu'au 1er septembre...", a soufflé Kombouaré.


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