L'OL, un exemple à suivre

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Il y a quelques années, Vincent Labrune, alors président de l'Olympique de Marseille, avait évoqué son envie de faire des Ciel et Blanc le Borussia Dortmund du football français, à savoir un club capable de miser sur de jeunes talents pour ensuite les laisser repartir via de fortes plus-values, et ainsi assurer un équilibre financier des plus confortables. Pour réussir à mener à bien une telle mission, il faut en premier lieu pouvoir disposer des compétences suffisantes en matière de recrutement ou de formation pour déceler les jeunes pousses les plus prometteuses, mais aussi être ensuite capable de leur faire crever l'écran au travers de performances collectives notables. Et chez les Phocéens, tous ces atouts manquent cruellement. Ce qui n'est pas le cas à l'Olympique Lyonnais, bien au contraire.

Depuis de nombreuses années, les Gones sont devenus la véritable référence en matière de gestion, grâce notamment au bon sens de l'homme d'affaires Jean-Michel Aulas, à la présidence depuis 1987. Mais ça n'a pas toujours été le cas, loin de là... Au début des années 2000, l'OL avait été raillé pour sa propension à surpayer certains joueurs du Losc, notamment les Abdelkader Keita (18 M€ - 2007), Mathieu Bodmer (6,8 M€ - 2007), Jean II Makoun (14 M€ - 2008) et autre Michel Bastos (18 M€ - 2009). Ces montants peuvent paraître dérisoires à l'échelle des prix pratiqués aujourd'hui, mais étaient conséquents pour l'époque, comme les 24 M€ offerts au FC Porto en 2009 pour Lisandro Lopez, ou les 22 M€ déboursés un an plus tard pour débaucher Yoann Gourcuff de Bordeaux, le véritable flop de l'ère Aulas.

4 records de vente sur les deux dernières années

Depuis, le président a clairement changé de stratégie et ne consent plus désormais à faire des investissements que lorsque les ventes suivent. Or, à ce petit jeu, l'Olympique Lyonnais est devenu particulièrement doué, même si le point noir Anthony Martial subsiste (vendu 5 M€ à Monaco, qui le transférera deux ans plus tard contre 60 M€ avec 14 M€ repartis chez les Gones). Le dernier exemple en date a été finalisé mardi soir, avec le départ de Tanguy Ndombele pour Tottenham contre 60 M€ et 10 M€ de bonus, pour un investissement initial de 8 M€ et 20% de la plus-value opérée à la revente à verser à Amiens. Mais ces dernières années, les Lyonnais ont aussi su vendre Alexandre Lacazette (53 M€), Ferland Mendy (48 M€) et Corentin Tolisso (41,5 M€), qui ont tous supplanté Michael Essien, le transfert record du club en 2005, à hauteur de 38 M€ vers Chelsea, là où Karim Benzema avait tourné le dos à son club formateur en 2009 contre 35 M€.

Mais les internationaux ne sont pas les seuls à rapporter gros à l'OL, même si le transfert de Samuel Umtiti (25 M€), aurait sans doute pu être mieux négocié. Les pensionnaires du Groupama Stadium savent aussi y faire avec les joueurs de second plan. Mariano Diaz est reparti au Real Madrid contre 21,5 M€, un an après l'avoir fait venir pour 8 M€, Mouctar Diakhaby a été lâché contre 15 M€, le prometteur Willem Geubbels, en échec à Monaco pour l'heure, a rapporté 20 M€, le flop Emanuel Mammana a aussi été revendu avec plus-value (8,5 M€ - 16 M€). Mais que dire du coup de maître réalisé en 2015, lorsque Clinton Njie avait été envoyé à Tottenham contre 17 M€, lui qui plombe désormais les finances de l'OM avec son salaire, et a été victime de deux transferts avortés à Fulham et au Sporting Club Portugal ?