Bacary Sagna : "Je sais que je peux encore apporter"

Anthony BIBARD / FEP / Panoramic

A 34 ans, l’international tricolore (65 sélections) n’a pas de temps à perdre s’il veut s’envoler avec les Bleus vers la Russie en juin prochain. Après trois saisons « avec plus ou moins de succès » à Manchester City, sous les ordres entre autres d’un Pep Guardiola pour qui il garde beaucoup d’admiration, l'ancien Gunner souhaite retrouver les terrains au plus vite. En Italie chez la lanterne rouge Benevento ? A Marseille, pour un retour en Ligue 1, plus de dix après son départ d’Auxerre ? Ou ailleurs ? Lui-même l’ignore encore.

Comment gérez-vous votre temps libre depuis la fin de votre contrat avec Manchester City ?

Je continue à m’entraîner, je garde le rythme avec un préparateur physique, que j’ai rencontré à la salle de gym et qui a travaillé avec d’autres joueurs avant moi, comme Yakubu (Middlesbrough, Everton, Blackburn). Je passe beaucoup de temps en famille, avec ma femme et mes enfants. C’est une vie totalement différente. Quand tu es habitué à aller à l’entraînement tous les jours et que d’un coup, tu es « ton propre patron », c’est vrai que cela change.

"Avec le recul, je n’aurais pas dû revenir si tôt."

Comment s’est passé votre départ des Sky Blues ? Vous souhaitiez continuer l’aventure avec les Citizens ?

J’ai eu une période mancunienne (2014-2017) un peu spéciale. Quand je suis arrivé, j’ai eu une première année très difficile, où j’étais amené à jouer des matchs face à des joueurs « dangereux » comme Hazard, Ribéry ou Messi. Et le mois suivant, je ne jouais pas et j’étais sur le banc. C’était difficile à comprendre et à accepter.

On te fait confiance dans de grands matchs et ensuite, durant un mois, on ne te parle pas et tu es sur la touche. Ce n’était pas facile à gérer. Mais j’ai gardé confiance en moi et j’ai saisi ma chance lors de ma deuxième année, où j’ai été beaucoup utilisé (28 matchs de Premier League, 11 matchs de Ligue des Champions).

En revenant de l’Euro, après la finale, j’ai repris très vite. Avec le recul, je n’aurais pas dû revenir si tôt. Quelques jours après la reprise de l’entraînement, je disputais un amical en Suède contre Arsenal. Et je me suis blessé lors du premier match de championnat… cela a très mal débuté et je me suis retrouvé out pendant un mois.

J’ai récupéré ma place ensuite, jusqu’au match contre la Bulgarie (2 octobre 2016), où je me blesse sur la première accélération. Je suis resté sur le terrain, j’ai forcé, jusqu’au premier but où je fais une passe décisive (pour Kevin Gameiro, ndlr). Et je suis revenu sur les terrains contre Monaco en quarts de finale de Ligue des Champions. Seulement, au match retour, très vite, je me blesse de nouveau à la cuisse. Sauf que j’ai décidé de poursuivre le match, à tort ou à raison, et j’ai mis plus de temps pour revenir.

Et en fin de saison, votre contrat se termine et vous quittez City…

Il faut savoir que je me suis remis sur pied avant ! Je me suis entraîné normalement mais à ce moment-là, les choses avaient changé. Le coach a fait ses choix, et aujourd’hui c’est du passé. Mais les choses ont changé.

"Guardiola, c’est un coach exceptionnel."

Que retenez-vous justement de votre unique saison sous les ordres de Pep Guardiola ? Qu’apprend-t-on au quotidien en cotôyant le technicien catalan ?

(Il sourit.) Honnêtement, c’est un coach exceptionnel. On le voit cette année avec City. Forcément, cela a mis un peu de temps à prendre parce qu’il y a eu de nouvelles tactiques à assimiler. Mais ce qu’il nous demandait, c’était de reprendre les bases. Et surtout de réfléchir à la manière dont on voulait jouer. Et quand tu appliques ses ordres, ça marche. Ce sont des choses simples hein ! Cela m’a donné envie d’être coach et pourquoi pas d’appliquer les mêmes préceptes.

 

"Un intérêt de Marseille ? Pas cet été."

La presse italienne vous lie à Benevento (lanterne rouge de Serie A). C’est une possibilité de rejoindre l’Italie ?

(Rires.) Je veux juste jouer. Parce que le football me manque. Parce que je sais que je peux encore apporter à une équipe. J’ai fait en sorte de rester fit (en forme). Je n’ai jamais douté de moi-même. J’ai eu des propositions, certaines réelles, d’autres inventées par les médias. Les « on dit », cela fait partie du métier. Si on lit la presse italienne, on parlait d’une visite médicale aujourd’hui (mercredi), et pourtant je suis ici devant vous. C’est la presse.

Y a-t-il eu un intérêt de Marseille à votre égard ?

Cet été, non.

Et cet hiver ?

(Rires.) Cet hiver, on verra où cela nous mène. Plusieurs clubs m’ont approché. A savoir dans lequel je terminerai… on verra.

La Coupe du Monde, c’est encore un objectif pour vous. Avez-vous eu des contacts avec Didier Deschamps ces derniers mois ?

Non, et je n’attends rien. Je me souviens qu’après ma blessure contre la Bulgarie, le jour où je quittais Clairefontaine, il est venu me voir dans la chambre du « doc ». Il m’a expliqué que je devais bien me soigner, reprendre le rythme.

A bientôt 35 ans, votre prochain club sera-t-il le dernier challenge de votre carrière ?

Je veux simplement être bien dans ma future équipe. J’ai eu la chance d’évoluer sept ans à Arsenal, trois à Manchester City. Avec plus ou moins de succès. Mais aujourd’hui, j’ai envie de retrouver les terrains. Ce n’est pas forcément évident de se retrouver sur le banc. C’est aussi la raison à l’époque qui m’a poussé à quitter Arsenal : je cherchais un nouveau challenge. Je devais me mettre dans une situation plus compliquée, et je l’ai vécue. Désormais, ma priorité, c’est de jouer. Où ? On verra.

Avez-vous déjà des projets pour votre après-carrière de footballeur. On parlait de Pep Guardiola tout à l’heure et d'un futur de coach pour vous…

Avant d’être coaché par Pep Guardiola, je n’y pensais pas du tout. Mais le fait de m’entraîner avec City sous le « règne Guardiola », cela m’a donné cette envie. C’est un métier prenant. Donc pourquoi pas ?