Ligue des nations: Neuer-Donnarumma, l'heure de la passation de pouvoir ?

Panoramic

Leurs sélectionneurs respectifs, Hansi Flick et Roberto Mancini, leur ont confié le brassard de capitaine, et ne leur voient pas de concurrence véritable, même si le Belge Thibaut Courtois a encore montré cette saison l'étendue de son immense talent pour guider le Real Madrid vers un 14e sacre en Ligue des champions. "Gigio pour moi reste le meilleur gardien d'Europe, s'il veut jouer, il joue", a déjà tranché Mancini.

Flick a quasiment les mêmes mots pour Neuer, toujours indéboulonnable à 36 ans, au grand dam de son rival de Barcelone Marc-Andre ter Stegen: "Manu est et reste un gardien de classe mondiale, et pour moi le meilleur du monde", assure t-il. A l'aller contre l'Allemagne (1-1) début juin, Donnarumma avait réussi plusieurs parades décisives, retrouvant un peu de l'éclat de l'Euro au terme d'une saison compliquée avec le Paris SG. Alors que Mancini a quasiment modifié tous les joueurs de champ d'un match sur l'autre en ce mois de juin (Argentine, Allemagne, Hongrie, Angleterre), le sélectionneur a toujours aligné le Parisien dans la cage. Malgré une légère blessure à un doigt et avec le brassard de capitaine depuis deux rencontres en raison de son ancienneté (déjà 46 sélections à seulement 23 ans).

Erreurs inhabituelles 

Le sélectionneur sait que son gardien, désigné meilleur joueur du dernier Euro, a surtout besoin de confiance et de temps de jeu en ce moment. Ses difficultés au PSG -- la concurrence frontale avec Keylor Navas et la bourde en 8e de finale retour contre le Real Madrid (défaite 3-1) -- ont fini par ébranler l'impassible "Gigio" et déteindre sur ses prestations en sélection. On l'a vu ainsi commettre des erreurs inhabituelles cette saison avec la Nazionale, comme une étrange faute de main en octobre contre l'Espagne (1-2) lors de la Finale à 4 de Ligue des nations ou encore une relance manquée samedi contre l'Angleterre (0-0), heureusement sans conséquence fâcheuse pour lui. 

Mais Donnarumma a démontré en ce mois de juin que sa motivation, elle, restait optimale. "Ma blessure à un doigt ? Pour ce maillot, on peut jouer même sans un doigt ! Ce maillot n'a pas de prix", a-t-il clamé après la victoire contre la Hongrie (2-1), bien décidé, comme toute l'Italie, à tourner la page de cette saison noire, marquée par l'élimination du Mondial en barrage contre la Macédoine du nord (1-0).

"Manuel combine tout" 

Neuer, lui, a sauvé le point du nul pour l'Allemagne à deux reprises déjà dans cette Ligue des nations. Contre l'Angleterre (1-1), le capitaine aux 112 sélections, a sorti deux parades d'extra-terrestre devant Bukayo Saka puis Harry Kane. Le champion du monde 2014 et double lauréat de la C1 avec le Bayern Munich (2013, 2020) a récidivé quatre jours plus tard en Hongrie (1-1) en écartant du bout du pied un ballon de but d'Attila Fiola, dans son style incomparable qui évoque celui des gardiens de hockey sur glace. Oliver Bierhoff, champion d'Europe 1996 aujourd'hui manager de la sélection allemande, s'est de nouveau extasié après le match contre l'Angleterre: "Manuel combine tout, a-t-il dit, il est fort dans son placement, il anticipe incroyablement bien, il est rapide malgré son âge, réactif et souple (...) et en même temps il est très fort au pied".

Mardi, l'Italie en reconstruction défendra sa première place du groupe (5 pts), contre une Allemagne (3e, 3 pts) en plein doute après ses trois nuls consécutifs dans la compétition. Les attaquants des deux sélections aux quatre étoiles de champions du monde doivent faire mieux qu'à l'aller. Mais les deux gardiens-capitaines pourraient bien une nouvelle fois leur voler la vedette.


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