Bleus : Lizarazu se paie Deschamps

Depuis deux matches, Didier Deschamps est revenu à un système à quatre défenseurs au sein de son équipe tricolore. Un retour aux bases après avoir tenté de se produire avec seulement trois éléments derrière. Au vu des résultats enregistrés, force est de constater qu’aucune des options n’a été vraiment convaincante. Pour Bixente Lizarazu, l’ancien international tricolore, le principal fautif n’est autre que le sélectionneur lui-même.

« Pourquoi insister à placer des joueurs dans des positions où ils jouent contre-nature et où ils sont moins performants, particulièrement sur les côtés, s’est interrogé le champion du monde 1998 dans sa chronique pour L'Equipe. Lucas Hernandez, Benjamin Pavard, Lucas Digne sont des arrières latéraux. Ils ne sauront jamais dribbler et déborder avec les qualités d’un ailier comme Kingsley Coman. Dans un rôle de piston, ce dernier ne saura, lui, jamais défendre comme un arrière latéral et s’épuisera à enchaîner les allers-retours. La défense, plus que tout autre secteur, repose sur de la coordination et des automatismes ».

 

Lizarazu inquiet pour la défense française

"L’équipe de France a besoin d’un cadre qu’il me paraît plus facile d’établir avec une défense à quatre."


Lizarazu a ensuite poursuivi en invitant DD à revenir à une défense classique où chaque membre connait son rôle et où les repères existent depuis longtemps : « À quatre, par exemple, les latéraux doivent être très impliqués sur l’alignement et la réduction des espaces sur la largeur, alors qu’à trois les pistons sont plus éloignés et se retrouvent souvent déconnectés des défenseurs centraux quand ils doivent rentrer en phase défensive. Pour surmonter ses difficultés défensives actuelles, l’équipe de France a besoin d’un cadre qu’il me paraît plus facile d’établir avec une défense à quatre. Dans ce système, on retrouverait plusieurs joueurs dans une position plus naturelle ». Le Basque sait de quoi il parle, lui qui faisait partie des défenses les plus hermétiques de l’histoire des Bleus.

Lizarazu a enfin conclu en adressant une ultime pique à Deschamps, lui conseillant d’arrêter de changer juste pour changer. « En cours de rencontre ou face à certaines oppositions, je peux comprendre que le changement de système soit une arme susceptible de perturber l’adversaire. Mais avant de tromper l’adversaire, il faut faire attention à ne pas se tromper soi-même », a-t-il lâché.


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