Zamalek - Al-Ahly, la finale du siècle

Difficile d'égaler la puissance d'Al-Ahly en Afrique. Le club est d'ailleurs le seul du continent à avoir été nommé pour les Globe Soccer Awards dans la catégorie du plus grand club du 21eme siècle, au côté de sept autres formations européennes (Barça, Bayern, Juventus, Liverpool, Man Utd, PSG, Real Madrid). C'est aussi celui qui a été élu club africain du siècle précédent par la FIFA... Cependant, s'il faut trouver un rival au mastodonte cairote, c'est bien sûr son ennemi juré : le Zamalek, club de l'élite (coloniale, au début du 20eme siècle) face à celui du peuple. La finale de Ligue des Champions, vendredi, sera donc exceptionnelle.

Malheureusement à huis clos, c'est aussi la première fois que l'affrontement suprême pour le titre africain se jouera sur un seul match, également à cause du contexte sanitaire. Et jamais, non plus, deux équipes d'un même pays ne s'étaient retrouvées à ce stade de la compétition... Souvent qualifiée de finale du siècle, cet événement manquera donc évidemment de spectateurs dans le contexte bouillant (parfois trop) du Caire.



Cette saison, le Zamalek a gagné les deux duels réellement disputés : aux tirs au but en Supercoupe, au mois de janvier (après un 0-0), puis au mois d'août en championnat (3-1). Le 24 février, la victoire 2-0 d'Al-Ahly en championnat avait été obtenue sur tapis vert,  le Zamalek boycottant le déplacement après des sanctions reçues lors de la Supercoupe. "C'est évidemment une fierté, se réjouit Mohamed Mostafa, le jeune leader du Zamalek (22 ans), pour France Football. On doit tout faire pour gagner, tout le monde attend ce choc. Franchement, on peut aborder ce match sans complexe, d'autant plus qu'on connaît les qualités de notre adversaire ainsi que sa riche histoire."

Ni le Zamalek, ni surtout Al-Ahly n'ont d'abord réussi à prendre la première place de leur groupe, ce dernier assurant de justesse un nul nécessaire lors de l'ultime journée face à Al-Hilal (1-1) au mois de... février. Avant le confinement, donc, et l'arrêt des compétitions en raison de la pandémie de coronavirus. Les quarts de finale avaient également pu se disputer juste avant (face aux Mamelodi Sundowns pour Al-Ahly, contre l'Espérance Tunis pour le Zamalek).

Pas les demi-finales, qui ont eu lieu entre fin octobre et début novembre et ont vu les deux clubs du Caire éliminer leurs deux homologues de Casablanca, le Wydad (pour Al-Ahly) et le Raja (pour le Zamalek), avec quatre victoires en autant de matchs pour les Egyptiens. Si les deux camps déplorent désormais quelques absences liées au Covid, celles-ci sont plutôt équitablement réparties. Enfin, c'est aussi un billet pour le Mondial des clubs, décalé au mois de février, qui se joue vendredi soir. Ultime statistique, et non des moindres : en huit confrontations en Ligue des Champions, jamais le Zamalek ne s'est imposé (trois nuls, cinq défaites).