Charbonnier fait oublier Le Bihan

Trois matchs sans but. Le début de championnat était difficile pour Gaëtan Charbonnier, recruté en fer de lance par l'AJ Auxerre après avoir encore marqué six fois pour Brest en Ligue 1 la saison dernière. L'ancien attaquant d'Angers, Montpellier ou Reims s'est vite remis les idées en place : sept buts lors des six rencontres suivantes, dont cinq en deux matchs à l'occasion des cinquième et sixième journées à Nancy (1-4) et contre Niort (4-0). Déjà meilleur réalisateur de Ligue 2, celui qui avait décroché ce titre en 2019 pour la montée de Brest - avec Mathias Autret, qu'il retrouve à Auxerre - sait que ce genre de dynamique s'entretient dès les premières semaines : il y a trois ans, après dix journées, il comptait ainsi neuf buts.


Incapable d'atteindre la dizaine d'unités sur une de ses six saisons de Ligue 1, Gaëtan Charbonnier est un spécialiste de l'antichambre. Impliqué sur les huit derniers buts bourguignons (sept buts, une passe), le joueur formé au PSG a la lourde tâche de remplacer Mickaël Le Bihan, parti à Dijon. Deuxième meilleur réalisateur de L2 en activité avec 69 buts au total, il peut rattraper l'Ajaccien Riad Nouri et ses 75 unités. Avec son compère Hamza Sakhi, les deux hommes forment le duo qui se crée le plus d'opportunités, toutes équipes confondues (douze passes avant un tir). Les Auxerrois, proches de la vérité la saison passée, tiennent en Gaëtan Charbonnier la gâchette expérimentée (32 ans) qui peut leur permettre de passer le dernier cap. Et viser, pourquoi pas, une de ces deux premières places afin d'éviter les barrages.

C'est ce que le grand avant-centre (1,88 m) avait réussi avec Brest, terminant alors dauphin de Metz. Assurant à son arrivée qu'il débarquait là où il voulait être, Gaëtan Charbonnier confirmait après le dernier nul face à Nîmes (2-2), juste avant la trêve internationale, qu'il est "content à Auxerre". Ses coéquipiers le lui rendent bien, ce que Gauthier Hein justifie très simplement (pour L'Yonne Républicaine) : "Il pense beaucoup collectif et n’hésite pas à faire jouer ses partenaires, on l’a senti directement à l’entraînement. Quand il me donne le ballon, j’ai envie de lui redonner. Ça se fait naturellement, ça ne s’explique pas. Quand je reçois le ballon, j’essaie de voir où il est placé." Un autre leader d'attaque, voilà ce que l'AJA a récupéré cet été.


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