Ajaccio, les montagnes corses

Panoramic

Passer du spectre de la relégation administrative à la lutte pour la montée en Ligue 1… Le football se nourrit souvent de ce genre de scénarios inattendus. Pour Robert Malm, l’explication de l’excellente saison d’Ajaccio tient avant tout dans ce ressort : « Quand on frôle la catastrophe, ça fédère d’autant plus. On n’a pas envie de connaître la même chose. Ils y mettent les ingrédients qu’il faut, à l’image de leur dernier match face à Lorient avec un cœur énorme, ils ont tous fini avec des crampes. On comprend mieux le classement. »

Sochaux a connu la même trajectoire, maintenu à la dernière journée la saison passée puis menacé par la DNCG. Mais les Ajacciens, contrairement aux Doubiens, ont réussi à maintenir leur dynamique. Leur mérite n’en est que plus grand.

A l’inverse, les Corses avaient accusé le contrecoup l’an dernier après avoir échoué en barrages en 2018, face à Toulouse (après un match aller perdu 3-0 à huis clos et sur terrain neutre, à la suite des incidents du tour précédent contre Le Havre). « Quand on met tant d’énergie à monter et à échouer, quand on finit à cette place du cocu, on a envie de repartir. Mais à un moment donné, tu le paies mentalement et physiquement. Tu finis plus tard, donc tu reprends plus tard… Et les autres n’ont qu’une envie, c’est de te battre. »



Notre consultant estime qu’Ajaccio doit déjà songer à l’après, quel que soit le verdict cette saison : « L’idée, ce serait de pouvoir finir régulièrement dans le top 5, il faut passer le cap afin d’éviter ces montagnes russes. » Et tant pis si ce n’est pas pour cette année…

Mais au vu de l’alchimie trouvée, on se dit forcément à l’ACA qu’il serait fort dommage de laisser passer le train. « Un grand coup de chapeau au staff, Olivier Pantaloni, Thierry Debes et Alexandre Dujeux qui se complètent à merveille. » Ils ont tout connu de ces aventures, concluant leur première saison ensemble sur ces fameux barrages. « Ils ont su maintenir les joueurs sous pression, ils ont eu l’attitude et les mots. Car si les joueurs veulent lâcher un coach, ça va vite… »

Notre spécialiste de la Ligue 2, qui souligne enfin le bon travail au niveau des jeunes, n’oublie pas le principal : le jeu et l’équipe. « Johan Cavalli joue moins, mais c’est un leader qui reste un super lien entre l’effectif et le coach. Il y a des cadres dans chaque ligne, c’est équilibré partout. Gaëtan Courtet a remplacé Gimbert, Cédric Avinel est passé par Clermont et a une sacrée expérience, Mathieu Coutadeur prend le brassard quand Johan Cavalli n’est pas là… C’est un mélange de vieux renards et de jeunes révélations, notamment en attaque. Et dans la manière, ils me bluffent en termes de maîtrise technique. Ajaccio n’est plus une surprise. » Malgré des moyens limités (douzième budget de L2), les Corses ont su profiter de leurs faiblesses pour relancer une nouvelle – et belle – histoire.



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