Sylvain Ripoll : "Le départ de Ndong a laissé un vide"

PANORAMIC

Sylvain Ripoll, quel est votre état d’esprit trois mois après votre départ du FC Lorient
J’ai vraiment passé des moments qui n’étaient pas faciles donc les premières semaines ont été rudes. Il faut encaisser la décision et digérer tout ça. Ça n’est pas été simple mais, au moment où on se parle, cela va beaucoup mieux. Je suis plus dans l’optique de regarder vers l’avant. J’ai trouvé l’apaisement. Ces sensations-là sont beaucoup plus agréables que les ressentis de colère ou de déception qui se sont entremêlés. 

Il ne faut pas oublier que cela faisait 22 ans que vous étiez à Lorient… 
Oui, exactement. Il n’y a pas de séparation facile mais une séparation après tant d’années, je pense qu’elle est beaucoup plus difficile. Quand vous restez aussi longtemps dans un club, vous connaissez forcément beaucoup de monde et on s’attache à plein de gens. Cela a été une période un peu bizarre. C’est notamment le rythme des journées qui est particulier. Pendant deux ans, j’ai cumulé la gestion d’une équipe de Ligue 1 avec le passage de mes diplômes donc j’avais des journées très remplies. Et, en un coup de fil, on se retrouve avec des journées complètement vides au niveau professionnel. C’est une dépression brutale en termes de rythme. C’est déstabilisant mais aujourd’hui, j’ai repris le dessus sur les événements. 

Vous habitez en plus près du centre d’entraînement de Lorient… 
(Il rigole) Oui, j’ai acheté ma maison il y a très longtemps maintenant, il y a plus de dix ans. A l’époque, à la place du centre d’entraînement, il y avait des champs et des vaches. Après, le club est venu s’installer là, forcément pas très loin de moi, ça c’est sûr. Ça n’est pas la meilleure des situations pour moi afin de passer à autre chose. 

Cela vous motive-t-il pour trouver un nouveau challenge ?
Ça n’est pas spécialement ça qui me motive. C’est surtout que j’ai envie de continuer dans cette voie-là. J’ai envie d’aller au bout de mes idées sur la façon dont je vois les choses et ça n’est pas ces quelques derniers mois compliqués qui m’ont donné envie de changer d’orientation. J’ai surtout envie de retrouver un nouveau projet. 

Ripoll : "La Ligue 2 ne m’effraie absolument pas"

Etes-vous prêt par exemple à reprendre un club de Ligue 2 dans les prochains mois ?  
C’est quelque chose qui ne m’effraie absolument pas. J’ai pleinement conscience que, parfois, il faut repasser par le niveau d’en-dessous afin d’avoir l’opportunité de mettre en application ce qu’on a envie de faire. Cela ne me posera pas de problème. Cela ne fera pas partie de mes critères en tout cas. Le principal est de trouver une complémentarité avec les dirigeants sur la vision et la mise en place d’un projet sportif. 

Etes-vous déjà entré en contact avec des présidents de club ?
Non, ça n’est pas d’actualité. Après une période de reconstruction, je suis en train de reprendre de l’énergie, car il en faut pour être à la tête d’un club. Je vais mettre à profit les semaines qui arrivent pour aller voir comment les autres travaillent.  J’ai la chance d’avoir eu l’accord de certains clubs français ou étrangers, en Angleterre et en Espagne, afin d’aller côtoyer les très grands techniciens du foot. Cela va être très enrichissant afin d’être opérationnel si un bon challenge se présente à moi au mois de juin. 

Avec un peu de recul, comment expliquez-vous ce début de saison manqué avec Lorient ?
Le début de saison a été cauchemardesque en raison de plusieurs circonstances défavorables. On a quand même terminé les deux premiers matchs à onze contre dix au bout de 25 minutes. Cela partait déjà dans le mauvais sens. On récolte plusieurs suspensions, dont une de dix matchs pour Benjamin Jeannot. Et celui que je voyais comme leader technique de l’équipe, Sylvain Marveaux, s’est blessé et n’a quasiment pas été disponible pour les dix premiers matchs. Jimmy Cabot, sur lequel je comptais beaucoup, s’est aussi blessé à deux reprises. Les choses se sont enchaînées. Forcément, on s’est retrouvé en difficulté avec un garçon comme Didier Ndong qui part le 30 août et qu’on n’a pas pu remplacer, plus des recrues - Michaël Ciani, Arnold Mvuemba et Steven Moreira - qui sont arrivées sur le tard. Vous vous retrouvez dans une spirale négative et il faut du temps pour en sortir.

Mais vous n’avez pas eu le temps suffisant pour redresser la barre… 
Chacun sait aussi que du temps il n’y en a pas beaucoup dans ce métier-là. J’avais bon espoir que les choses changent car il y avait des signes positifs. Notamment avec un secteur offensif qui allait se garnir dans les semaines suivantes avec notamment des garçons comme Marveaux, Cabot, Jeannot ou même Benjamin Moukandjo qui avait manqué deux-trois matchs et qui est revenu à la fin. Mais une décision a été prise et c’est comme ça…

Il y a aussi le cas Abdul Majeed Waris qui avait du mal en début de saison et qui cartonne désormais sous les ordres de Bernard Casoni… 
Je n’avais peut-être pas le mode d’emploi pour ce joueur-là, je n’en sais rien. On peut tout imaginer. Il n’était pas en forme à ce moment-là. J’ai été aussi parfois amené à prendre des décisions difficiles avec lui qui lui ont peut-être permis de comprendre certaines choses. Toujours est-il qu’il y a de multiples explications pour justifier ce début de saison. Après, c’est sûr que cela laisse un vide quand un joueur comme Ndong s’en va. 

Vous avez déjà déclaré ne pas en vouloir au président Loïc Féry. Mais la vente tardive de Ndong est-elle peut-être le seul reproche que vous puissiez lui faire ?
Sur le cas de Didier Ndong, l’erreur que le club a fait, c’est de ne pas l’anticiper davantage. Et de ne pas avoir pu le remplacer en temps et en heure. 

Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans les dernières heures du Mercato. C’est peut-être ça qui est le plus frustrant pour les supporters lorientais… 
Je n’ai pas à porter de jugement là-dessus. C’est certainement des sujets d’interrogation que le club devra avoir sur les années à venir. Mais avec le président Féry, on a eu des relations franches et cordiales malgré quelques moments de désaccord. 

@_PGod_


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