Pochettino, un premier trimestre avec mention

FRANCK FIFE / AFP

Le jeu

Evoquer le style de Mauricio Pochettino restait une affaire assez vague, au moment du remplacement de Tuchel par son collègue argentin sur le banc du Paris Saint-Germain. On parlait d'intensité dans la possession de balle, ainsi que de tranchant dans les sorties en contre. Il est indéniable que la deuxième partie a clairement pris le pas sur la première. Dans les attaques placées, on voit mal comment il pourra faire mieux que Tuchel ou Emery avant lui, si les joueurs ne décident toujours pas d'y mettre constamment du leur.

En revanche, les trois sommets de Ligue des Champions, que ce soit les deux déplacements à Barcelone et Munich ainsi que le match retour face au Bayern, ont été de vrais modèles de sortie du contre-pressing puis de précision dans les projections ultra-rapides vers l'avant, en s'appuyant évidemment sur la vitesse de Kylian Mbappé et sur la qualité de passe de plusieurs éléments (Neymar, mais pas que). Le calme défensif sous extrême pression est forcément un peu de son fait, aussi, même si l'expérience collective après les différentes échecs des dernières années joue sans doute une part plus importante.

 

Les chiffres

Pochettino a dirigé le Paris Saint-Germain à 24 reprises depuis le mois de janvier, et ses débuts en Ligue 1 à Saint-Etienne (1-1). Le seul entraîneur de l'ère QSI à qui il puisse réellement être comparé, en termes de contexte, est Carlo Ancelotti, qui était également arrivé à l'hiver pour remplacer Antoine Kombouaré. Le coach italien, même s'il était passé tout près, n'avait pas réussi à se qualifier pour les demi-finales en Ligue des Champions (deux matchs nuls face à Barcelone, 2-2 à Paris puis 1-1 en Espagne). Il avait aussi été éliminé en Coupe de France, où Pochettino est toujours présent. Et bien sûr, il n'avait pas fini champion.

Avec 17 victoires lors de ses 24 premières sorties, Pochettino affiche un ratio de 71% de succès. Ancelotti n'avait gagné que quatorze fois, soit 58% de victoires. Laurent Blanc, comme Pochettino, avait engrangé 17 victoires sur 24 en 2013, tandis qu'Unai Emery n'en avait glané que quinze en 2016 (63%) et Thomas Tuchel 19 en 2018 (79%). Mais là encore, les périodes sont difficilement comparables. Et plus reluisantes, a priori, pour Pochettino, lancé dans ce "money time" effréné.


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