Ligue 1 : Peter Bosz, maintenant... ou jamais ?

Laurent Sanson / Panoramic

Le technicien néerlandais assure ne pas se sentir menacé, le président Jean-Michel Aulas évoque  une campagne de dénigrement contre son club, septième à neuf points du podium, sans coupe d'Europe à disputer. "On va préparer le match contre Toulouse pour le gagner et après on fera le point", a encore dit "JMA", sans s'étendre davantage. Par le passé, le dirigeant de 73 ans a déjà tenu ce type de propos pour gagner du temps, quand le navire tanguait, comme à l'automne 2010 alors que la pression était très forte autour de Claude Puel.

Baisse d'exigence

Un point devait être fait après plusieurs matches mais le technicien avait terminé la saison, dans une ambiance tendue, avec une troisième place. Depuis plusieurs semaines dans sa chronique hebdomadaire publiée par Le Progrès, mais aussi mercredi dans l'Equipe, l'ancien attaquant international du club Sidney Govou a pointé "l'incompétence" dans l'entourage du président. Celui-ci a notamment perdu ses conseillers historiques. Bernard Lacombe, qui savait monter au créneau devant l'effectif, est parti à la retraite en 2019 et Gérard Houllier, fin diplomate et aux réseaux puissants de recrutement, est décédé il y a deux ans.

Govou a aussi pointé une baisse d'exigence à tous les niveaux. Elle peut se traduire par des différences d'attitude de la part du président. Il y a 31 ans, après cinq défaites consécutives (quatre en championnat et une élimination en Coupe de France) Aulas avait alors confié sa contrariété aux médias. "On a considéré que le match était bon mais je n'étais pas d'accord et je l'ai fait savoir. L'équipe, mièvre d'ailleurs, ce que je ne supporte pas, a ronronné comme elle le fait depuis des semaines. Considérant qu'il n'y a pas de cohérence entre les promesses formulées et les faits, je réagis, c'est mon rôle de président", avait-il dit. 

L'entraîneur était Raymond Domenech et Lyon était remonté en Ligue 1 en 1989. Guy Stéphan n'est "pas menacé mais menaçable", avait-il confié à l'automne 1996, peu avant une défaite 7-0 à Auxerre qui conduira à sa mise à l'écart. Et c'est sans parler des évictions du Brésilien Sylvinho en octobre 2019 après sept matches sans succès (14e après neuf journées) ou de Hubert Fournier à la trêve hivernale 2015-2016 alors que l'OL n'avait pris qu'un point sur les six dernières journées, se retrouvant neuvième à seulement six longueurs du deuxième.

Changement de propriétaire

Malgré les déconvenues sportives, l'avenir de Bosz pourrait ne pas se décider à brève échéance, l'OL étant actuellement dans un processus de changement de son actionnariat. La conclusion des négociations exclusives avec l'Américain John Textor qui doit acquérir 67% des parts sociales et, d'ici quelques mois, 90% contre seulement 8% à Jean-Michel Aulas (lequel devrait rester président exécutif), a été repoussée du 30 septembre au 21 octobre. Il apparaît difficilement concevable qu'un nouveau technicien soit nommé avant cette date butoir. 

Cela laisserait supposer que l'OL puisse aller avec cette organisation jusqu'à la 15e journée et la trêve "Coupe du monde", sans compter qu'il faut au club lyonnais trouver un candidat disponible pour devenir le cinquième entraîneur depuis 2019, une valse inédite à Lyon. Toutefois, Bosz est forcément en difficulté avec les déclarations de Vincent Ponsot, directeur du football, à plusieurs médias, évoquant "des temps de passages intermédiaires et des objectifs à remplir fixés à la trêve". Les joueurs, peu ou pas utilisés par le Néerlandais, peuvent dès lors être tentés de ne pas se battre pour lui, espérant l'arrivée d'un nouvel entraîneur qui rebattrait les cartes.

En attendant, d'ici la trêve, après la réception de Toulouse, Lyon ira à Rennes puis Montpellier avant de recevoir Lille et d'aller à Marseille avant la réception de Nice. Actuellement, tout paraît difficile pour l'OL.


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