Ligue 1 : Peter Bosz et l'OL, acte II

Image Sport / Panoramic

Dès janvier dernier, alors que l'OL n'était que 13e, le technicien néerlandais, arrivé en juin 2021, l'admettait: "Normalement, j'aurais été viré par rapport aux résultats en étant 13e dans un club qui veut jouer la Ligue des Champions". "Moi, j'aimerais rester plus longtemps. J'apprécie la confiance des dirigeants et je suis très bien dans ce club. Mais je sais que je dois gagner des matches", avait-il aussi reconnu, conscient de son bilan très moyen: 45% de succès en Ligue 1 (17 victoires, 11 nuls, 10 défaites). A sa décharge, le premier choix de l'Olympique lyonnais s'était porté sur Christophe Galtier, qui avait alors opté pour Nice. Par la suite, Bosz (58 ans) n'a pas maîtrisé tout le recrutement, ni le jeu en Ligue 1.

Secousses

Il a subi des événements comme la démission du directeur sportif Juninho en milieu de saison, la perte d'un point après de graves incidents extra-sportifs au début du match Lyon-Marseille, le 4 novembre, l'élimination sur tapis vert en Coupe de France, là aussi après des incidents en tribunes contre le Paris FC (L2) à Charléty, et les tensions entre le club et ses supporters ultras. Mais Bosz ne cherche pas d'excuses. D'autant qu'il n'est pas exempt de reproches, incapable de s'adapter à un effectif dans lequel les joueurs ne pouvaient pas appliquer ses préceptes de jeu offensif et de pressing haut, trop exigeants physiquement pour eux.

Depuis début juillet et la reprise de l'entraînement, le groupe a un peu évolué. L'arrière droit Léo Dubois, déclassé en cours de saison au profit du jeune Malo Gusto, formé au club, a été transféré à Galatasaray et l'international argentin Nicolas Tagliafico (Ajax), s'est laissé convaincre de rejoindre l'OL. Ce poste était une priorité. Mais Lyon a surtout réussi à rapatrier deux de ses étoiles formées localement, Alexandre Lacazette (Arsenal) et Corentin Tolisso (Bayern Munich), en fin de contrat. Ils avaient été transférés il y a cinq ans pour près de 100 millions d'euros à eux deux.

Ce retour à l'ADN du club sera-t-il efficace? Tolisso, souvent blessé au Bayern, souffrant à un mollet, n'a disputé aucun match en juillet... Il aura de la concurrence avec l'émergence du jeune Johan Lepenant, recruté à Caen (L2), et le retour en forme de Jeff Reine-Adelaïde, excellent depuis la reprise.

Opération dégraissage

D'autres recrues sont attendues, dont un milieu défensif, mais il faut avant tout dégraisser, et sérieusement. Car il y a trop de joueurs pour un club qui n'est pas européen pour la première fois depuis 1997. En 2020, Lyon, 7e, ne s'était pas qualifié pour une coupe d'Europe mais le Championnat avait été interrompu à dix journées de la fin... Pendant la préparation, Bosz a d'entrée de jeu dessiné son onze de base pour débuter le Championnat avec les titulaires potentiels. Car il ne faudra pas manquer le début avec des matches supposés abordables contre Ajaccio, Lorient, Troyes, Reims, Auxerre, Angers, avant d'aller à Monaco et de recevoir le PSG. 

Sinon, du changement pourrait intervenir sur le banc d'autant que le milliardaire américain John Textor vient de prendre le contrôle du club. Même si Jean-Michel Aulas, président depuis 1987, reste, pour l'heure, opérationnel à la tête de l'OL. Certains défenseurs centraux (Da Silva, Boateng) et des milieux sont appelés à partir (Aouar), voire Moussa Dembélé en attaque. "Ils ont bien compris qu'ils auraient peut-être moins de temps de jeu que d'autres et ils cherchent des options, comme nous, pour pouvoir être en mesure de jouer ailleurs", a admis le directeur du recrutement, Bruno Cheyrou, après la victoire sur Feyenoord (2-0), le 24 juillet.

Samedi, l'OL a réussi un joli match nul, intense et prometteur, contre l'Inter (2-2), en ayant mené 2-0 grâce au revenant Lacazette et au jeune Rayan Cherki. Le club rhodanien va pouvoir sereinement terminer son recrutement pour tenter de retrouver les sommets. Avec ou sans Bosz.


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