Ligue 1: En partance de Monaco, Cesc Fabregas ne veut "pas finir comme ça"

Panoramic

En fin de contrat en juin, votre histoire avec Monaco se termine mal...

Fabregas : "Au niveau individuel, ça se termine mal, c'est certain. Tout professionnel veut jouer et se sentir important. Mais au niveau collectif, je suis satisfait. Monaco peut se qualifier en Ligue des champions. C'est l'objectif du club."

Avoir accepté en janvier 2019, la proposition de Thierry Henry, évincé un mois après votre arrivée, était-il le bon choix?

Fabregas : "J'ai mon opinion. Il est inutile de trop en dire. A l'époque, j'ai signé avec un objectif: sauver l'équipe, alors 19e avec 13 points. J'ai pris un gros risque car la relégation était possible. Le premier match, on fait nul à Marseille (1-1, 20e journée). Puis, j'ai marqué contre Toulouse (2-1, 23e journée) le but d'une victoire cruciale pour la suite de la saison. On peut être satisfait d'avoir sauvé l'équipe. Je suis fier de ce que j'ai apporté ces six mois-là."

L'année suivante a été toute aussi instable...

Fabregas "L'équipe a mal débuté (première victoire après 7 journées, NDLR) et moi aussi. L'arrivée de Robert Moreno en janvier a permis d'aller mieux. On a été bons, notamment à Paris (3-3, 20e journée). Mais la saison a été interrompue pour cause de Covid. Entre Nice (1-2, 7 mars 2020) et la reprise contre Reims (2-2, 23 août), six mois ont passé, avec un nouveau changement d'entraîneur. Après une blessure en avant-saison, j'ai joué régulièrement et été constant avec Niko (Kovac, l'entraîneur de l'époque, NDLR)." 

C'est-à-dire?

Fabregas : "J'ai disputé une trentaine de rencontres (20 en L1 et 5 en Coupe de France, ndlr), surtout en sortant du banc. Je me souviens de Paris, Brest, Lille où j'ai influé sur la rencontre. Avoir cet impact, c'est toujours ce que je recherche. On a accroché le podium. Pour moi, ces deux ans et demi ont donc été positifs. En revanche, l'actuelle saison est très mauvaise, la pire de ma carrière. Et de loin ! Je n'avais jamais vécu ça. Mais sans moi, l'équipe va, j'espère, encore terminer sur le podium."

N'avez-vous eu aucune influence dans le vestiaire?

Fabregas "Lors de ma venue, Thierry (Henry) et Vadim (Vasilyev) m'avaient aussi demandé d'aider à faire grandir les jeunes. C'était un point important. Aujourd'hui, j'ai la sensation d'avoir gagné le respect et la sympathie de cette jeune génération. J'espère avoir aidé. On s'aime bien (sourires). Je continuerai à les suivre, échanger avec eux. Ça me plairait de voir Fofana, Diop ou Tchouameni au Bayern ou à Liverpool !"

Voire de les entraîner?

Fabregas : "Je le leur ai déjà dit ! Ils le savent (rires)! Mais avant, je veux encore jouer. Je ne veux pas finir comme ça. L'année a été trop mauvaise pour terminer ainsi. Je veux prendre du plaisir, terminer avec de bonnes sensations. J'ai de nombreux contacts. J'ai déjà rencontré quelques personnes. Rien n'est décidé. J'écoute. Je suis ouvert à tout. Peut-être faudra-t-il que le niveau du club baisse. Mais il existe, en C1, des équipes de niveau moins élevé. Une chose est claire en tout cas: j'irai dans un club où je jouerai, où on croit en moi." 

Combien de temps encore jouerez-vous?

Fabregas "Je ne sais pas. Le temps le dira. Ensuite, j'envisage de me renconvertir entraîneur le plus rapidement possible. Ce métier me passionne. J'ai de plus en plus envie d'apprendre, d'être bien préparé. Je passerai mes diplômes en Espagne. Avec (Andrés) Iniesta, on a déjà évoqué la possibilité de suivre le cursus ensemble." 

Avec la volonté de faire vivre l'ADN barcelonais?

Fabregas : "J'ai ma propre philosophie du jeu. Le style d'une équipe dépend toujours de la qualité et des caractéristiques des joueurs. Il ne faut pas être fou, sinon on ne gagne jamais."

20 nouvelles années de football s'ouvrent donc devant vous...

Fabregas : "30 ans plutôt ! Ma femme le sait déjà. Elle me demande: Quand m'offriras-tu la vie que tu m'avais promise ? Je réponds: Jamais ! (rires) On prendra six mois pour découvrir le monde. Et puis, je replongerai !"


>