Lens : Gaël Kakuta, meneur de jeu devenu meneur d'hommes

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Directement impliqué sur 13 des 32 buts lensois cette saison (9 buts, 4 passes décisives), Kakuta, qui n'a fait que quelques dizaines de kilomètres pour venir d'Amiens, son ancien club, en juillet dernier, accomplit une superbe saison. Et tire vers le haut le RCL, qui occupe un 7e rang inespéré en championnat, tout près des places européennes. Samedi à Montpellier, où les Artésiens se sont imposé 2-1, le meneur de jeu a encore été de tous les bons coups, comme souvent depuis cet été. Le numéro 10 Sang et Or a même inscrit le but du break peu après l'heure de jeu d'une frappe enroulée du droit, son mauvais pied.

"Il a toutes les valeurs du très haut niveau."

Avec ce 9e but cette saison, il égale un certain Daniel Moreira à ce stade de la compétition (2001/02) ou Joël Tiéhi pour les moins jeunes (1994/95). "Sa réussite ne me surprend pas vraiment. C’est un joueur de très grande qualité, reconnaît Luka Elsner, qui l'a entraîné à Amiens. Il a probablement eu besoin de retrouver du temps de jeu, des sensations, après une année 2018/19 tronquée en Espagne. Il a toutes les valeurs du très haut niveau."

Un top niveau qu'il (re)trouve enfin, à 29 ans. Kakuta admet d'ailleurs n’avoir jamais été aussi bon: "Tout est mis en place pour que tout le monde puisse être à son maximum", lance celui qui n'aime pas attirer la lumière. Peu loquace face aux médias, cet homme discret, humble et travailleur préfère s'exprimer balle au pied dans un 3-4-1-2 où il s’éclate.

"Il est dans un système qu'il affectionne, avec pas mal de liberté. Il est donc en capacité d’exprimer son talent, analyse Elsner. C’est un meneur de jeu avec un registre de deuxième attaquant qu’il peut pleinement exploiter. Il est capable de partir dans la profondeur, et est en plus très intelligent dans son positionnement. Il est identifiable comme un numéro 10 à sa capacité de délivrer des ballons que personne ne voit."

"Un travail collectif"

Son excellente saison fait de lui un joueur surveillé de très près par ses adversaires, ce qui ne l'empêche pas de continuer à trouver la faille malgré le marquage serré dont il est l'objet. "Je prends de plus en plus de coups", plaisante-t-il. Mais il parvient à s’extirper de ces mailles, à l’image d'un Lens parfois bousculé, mais plus que jamais brillant et debout. D'ailleurs, résumer la performance de Kakuta à son seul talent serait injuste à l'encontre de ses partenaires. L'ex-joueur de Chelsea l'admet, son entraîneur Franck Haise aussi. "C'est un travail collectif. Un joueur n'a pas de statistiques si on n'obtient pas de penalty par exemple, s'il n’est pas dans les bonnes zones. C’est bien pour lui, pour nous tous."

Mercredi face à Marseille, Gaël Kakuta aura encore l'occasion de briller, de "prendre du plaisir sur le terrain" et de continuer de tracer sa route, jadis tortueuse mais qui a su le ramener à la maison, à la Gaillette, où il a été formé. "Il avait peut-être besoin d'avoir des expériences négatives ici et là, pour mûrir et se positionner mentalement à être performant. Il a encore quelques années devant lui pour exprimer son talent encore plus", espère Luka Elsner. Ce serait tout bénéfice pour le Congolais né à Lille, et pour le Racing.


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