Ligue 1 : Qui seraient les gagnants et perdants d'une saison blanche ?

Reuters

Et pourquoi pas une saison blanche en Ligue 1 ? Lancée vendredi dans les colonnes du Monde, la proposition de Jean-Michel Aulas a depuis fait réagir bon nombres d'acteurs du championnat de France. De Dimitri Payet à Nathalie Boy de la Tour, c'est peu de dire que l'idée du boss lyonnais ne fait pas l'unanimité. La présidente de la LFP a même freiné des quatre fers ce matin sur nos antennes face à cette "solution" miracle soumise par JMA.

 

Ce samedi, le président intérimaire de Rennes, Jacques Delanoë, évoque même "une proposition indécente". Reste que le problème mérite d'être soulevé : si la pandémie de coronavirus empêche réellement la saison d'aller à son terme, qui seraient alors les gagnants et perdants de cette saison blanche, qui rayerait des archives l'exercice actuel et prendrait en compte pour la saison prochaine le classement 2018/2019 ?

Pour Paris, plus de titre

Leader incontesté et incontestable de Ligue 1 avec 12 points d'avance (et un match en moins) sur son premier poursuivant, l'OM, le Paris Saint-Germain fonce tout droit vers son 9ème titre de champion. S'il y avait un premier perdant avec cette saison blanche, il s'agirait en premier lieu du club parisien. Même si l'ivresse européenne a gagné la capitale mardi soir après la qualification contre le Borussia Dortmund, nul doute que le PSG verrait d'un très mauvais oeil le titre de champion lui passer sous le nez.

A Marseille, adieu la C1

L'autre grand perdant en cas de saison blanche, c'est bien évidemment l'OM. Dauphin du PSG, le club de la Canebière possède six unités d'avance sur Rennes, troisième. A dix journée de la fin, la formation d'André Villas-Boas est idéalement placé pour retrouver la Ligue des Champions, sept après sa dernière apparition en C1 et son fameux parcours à zéro point en phase de poules.

En cas de saison blanche ? Cinquième l'an passé, Marseille serait privé pour une année supplémentaire de Coupe aux grandes oreilles (et de l'importante manne pécuniaire qui l'accompagne), et de compétitions européennes tout court. Pas sûr que Jacques-Henri Eyraud, sous pression avec le fair-play financier, l'entende de cette oreille. Même chose pour le Stade Rennais, en route pour une participation à la Ligue des Champions cette saison.

André Villas-Boas

 

Lyon et Saint-Etienne, champagne !

Très avant-gardiste dans sa proposition, Jean-Michel Aulas a évidemment de la suite dans les idées. L'Olympique Lyonnais, à neuf points de la C3 et à dix points de la C1, se verrait catapulter de nouveau en Ligue des Champions si ce scénario fou de saison blanche était retenu par la LFP. Pour Saint-Etienne, le club ennemi, ce serait là aussi un miracle puisque l'ASSE, 17ème et à la lutte pour le maintien, validerait de son côté une place inespérée en Ligue Europa. La saison blanche, un bon moyen de réconcilier Gones et Verts ?

Pour Lille, ça ne change rien... ou presque !

Du côté du LOSC, Gerard Lopez, le président du club, est lui aussi en défaveur de la saison blanche. « La première chose, c’est qu’il s’agit d’un moment où il faut être dignes et ne pas être égoïstes [...] ce n’est pas le moment de dire "le Championnat se termine aujourd’hui, on va en Europe". Ça ne marche pas comme ça » prévient l'homme d'affaires luxembourgeois dans L'Equipe. Difficile de ne pas y voir ici une pique à Jean-Michel Aulas.

Et pourtant, les Nordistes seraient avantagés par ce statu quo. 4èmes du classement, les Dogues décrocheraient une place directement qualificative pour la prochaine C1 en prenant en compte le classement de l'année dernière. Contre un ticket pour la C3 actuellement. Sauf qu'à Lille, on préfère "être dignes".

A Toulouse et Amiens, le miracle

20ème et 19ème du championnat, le TFC et Amiens pourraient se voir sauver autrement que par leurs performances sportives. Avec respectivement 14 et 4 points de retard sur Nîmes, barragiste, les deux formations auraient droit à un passe-droit salvateur, inimaginable il y a encore quelques jours. Mais alors, quels clubs de Ligue 2 monteraient dans l'élite ? Lorient, Lens, Ajaccio, Troyes ou encore Clermont seraient-ils condamnées à végéter encore un an à l'étage inférieur ? On attend désormais l'avis de Jean-Michel Aulas sur la question.

Issiaga Sylla