Benitez à un tournant

"Ce n’est pas terrible jusque-là. On n’est pas à notre place, on aspire à mieux." Avant le déplacement de la dernière journée à Amiens, où les hommes de Patrick Vieira sont allés décrocher un match nul (1-1), Walter Benitez avait dressé un constat lucide de la situation de l’OGC Nice, désormais 11e du classement avant d’accueillir Rennes vendredi soir en ouverture de la 21e levée de Ligue 1. Des Aiglons qui ont déjà encaissé 29 buts en championnat, soit seulement 6 de moins que sur la totalité du dernier exercice. Ce dont ne peut évidemment se satisfaire le portier argentin, loin d’être le principal responsable de la situation.

A l’issue de la rencontre face au SCO, Stéphane Moulin, l’entraîneur angevin, avait d’ailleurs lâché que Benitez avait été "le meilleur joueur" niçois. Une réflexion souvent entendue la saison dernière, où il aura été le gardien de Ligue 1 à avoir réalisé le plus grand nombre de clean sheets (16), avec la plus longue invincibilité (641 minutes), leader au pourcentage d’arrêts (77,9%), mais aussi celui, avec Ciprian Tatarusanu qui a arrêté le plus de penaltys (3). Des statistiques qui ne lui ont pourtant pas valu d’être nommé pour le trophée UNFP du meilleur gardien. Ce dont il s’était ému sur les réseaux sociaux, fustigeant les votants, des joueurs "qui ne regardent pas les statistiques", et ces prix "qui ne sont pas pour les meilleurs joueurs, sinon pour les joueurs les plus charismatiques."

Un manque de reconnaissance que Benitez déplore également au niveau de sa sélection, lui qui attend désespérément d’être appelé avec l’Argentine et de réaliser son "rêve". En septembre dernier, il n’avait ainsi pas masqué son amertume sur Twitter après avoir été une fois de plus ignoré par Lionel Scaloni, le sélectionneur de l’Albiceleste. Et alors qu’il arrive en fin de contrat en juin, celui qui vient de fêter son 27e anniversaire assure que "Nice n’est pas un frein pour la sélection. Scaloni regarde certains de mes matchs, a-t-il récemment déclaré en conférence de presse, après avoir évoqué son avenir. Je suis concentré, bien dans ma tête. Je suis tranquille. On discute avec le club, avec mon agent (Mino Raiola, ndlr). C’est lui qui gère mon futur. On verra dans quelques jours. On a discuté un peu ces derniers temps. Ça avance petit à petit. J’aimerais qu’on signe ou pas dans quelques jours ou quelques semaines. C’est important pour moi mais aussi pour le club." Des discussions qui n’ont pour l’instant, officiellement, rien donné.