ASSE : Euphorie terminée, blessés, calendrier… Pourquoi Saint-Etienne s’apprête à vivre un mois à hauts risques

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L’état de grâce est terminé

Tout avait parfaitement commencé. Le 6 octobre dernier, deux jours après son arrivée dans le Forez, Claude Puel débutait son aventure en tant qu’entraîneur de Saint-Etienne lors du derby face à Lyon. Pas un grand match certes, mais au final une victoire arrachée par les Verts contre leur rival honni (1-0). Portés par cette nouvelle dynamique, Stéphane Ruffier et ses coéquipiers sont ensuite restés invaincus durant neuf rencontres (toutes compétitions confondues). Sauf qu’il y a eu un accroc : les Stéphanois viennent en effet de perdre tout espoir de se qualifier pour les 16emes de finale de la Ligue Europa et ont concédé leur premier revers de l’ère Puel dimanche, à Rennes (2-1). « Je l’avais dit dès mon premier match, je ne voulais pas que le derby rende l’environnement euphorique. » Quoi qu’il en soit, l’état de grâce ayant accompagné les deux premiers mois de l’ancien Monégasque semble bel et bien terminé.

Dans le jeu, le doute reste entier

Cette série d’invincibilité de l’ASSE ne devait toutefois pas occulter les lacunes foréziennes, entraperçues dès août et qui ne se sont pas vraiment dissipées suite au changement d’entraîneur. A la peine dans l’animation offensive et pas toujours d’une grande sérénité en défense, les protégés de Puel s’en sont parfois remis à une bonne dose de réussite, à l’image du succès inespéré obtenu sur le terrain de Bordeaux (0-1). « On manque encore de maîtrise, mais je le disais déjà quand on gagnait avec une certaine réussite, a rappelé le technicien français. On réalisait de bonnes choses sur le plan collectif, en termes de solidarité et de contenu, mais on ne réussissait pas à concrétiser nos occasions ou à s’imposer en contrôlant le match. » Sainté est toujours en quête de certitudes, d’un match-référence censé rassurer tout le monde.

Des absences difficiles à pallier

A la décharge du coach stéphanois, il n’est pas aisé de construire une équipe capable de maîtriser son sujet lorsque l’infirmerie ne désemplit pas. Et celle de son club n’est pas loin d’afficher complet. Outre Kévin Monnet-Paquet (blessé de longue date), Wahbi Khazri (main), Yohan Cabaye (cuisse) ou encore William Saliba (pied) sont toujours indisponibles, alors qu’ils pourraient être amenés à occuper un rôle-clé dans le onze de départ. L’émergence de ces pépins physiques est, en partie du moins, favorisée par l’enchaînement des rencontres auquel les Verts sont confrontés. « L’enchaînement des matchs génère une certaine fatigue, mais le staff nous met dans de bonnes conditions pour récupérer, a cependant assuré Harold Moukoudi. Mentalement, on est prêts. Chacun d’entre nous veut jouer tous les trois jours. Dans une telle situation, ce sont les petits détails qui font la différence : la nutrition, le repos… Il faut être pro. » A noter que Zaydou Youssouf, plutôt convaincant depuis le début de l’exercice, sera lui suspendu pour la réception de Nice mercredi (19h00).Zaydou Youssouf (ASSE)

 

Un mois de décembre surchargé

C’est affaibli, encore en manque de repères et potentiellement ébranlé par une défaite toute fraîche que Saint-Etienne accueillera les Aiglons. « C’est une équipe qui propose un beau football, avec beaucoup de joueurs de qualité et généreux dans les efforts, » a analysé Moukoudi. Mais plus que le niveau du Gym - qui, comme l’ASSE, cherche encore sa véritable place dans cette Ligue 1 très homogène -, c’est surtout la densité du calendrier qui peut laisser présager un mois de décembre délicat à aborder pour les partenaires de Yann M’Vila. Après avoir affronté les Aiglons, ils se frotteront à Reims, au PSG et à Strasbourg, sans oublier des déplacements à Wolfsburg (en Ligue Europa) et à Nîmes (en Coupe de la Ligue). La trêve hivernale fera sans doute un bien fou. Mais avant d’y penser, les Stéphanois doivent veiller à perdre le moins de plumes possible au cours des trois semaines à venir.