André Villas-Boas (Marseille) et Paulo Sousa (Bordeaux) deux méthodes pour réussir sans argent

Ils étaient bien peu, avant le début de la saison, à les imaginer aussi hauts au classement de Ligue 1.Pourtant, Marseille et Bordeaux étaient bel et bien sur le podium avant le début de la 17eme journée de championnat. Et cela n'était en rien dû au hasard. Les deux clubs en sont là, malgré une situation financière délicate. La confrontation de ce dimanche soir(21h00) est redevenu un choc pour le podium et le travail des deux entraîneurs, André Villas-Boas et Paulo Sousa, y est pour beaucoup. Hormis leur nationalité, beaucoup de choses opposent les deux techniciens. L'un est un enfant de Porto et n'a jamais été joueur professionnel, l'autre a été formé au Benfica avant de se forger un palmarès long comme le bras. Mais ils ont également une qualité de coach en commun : ils savent obtenir des résultats avec peu de moyens, même avec des méthodes très différentes.Pas d'argent ?

Pas de problème pour Villas-Boas et Sousa


Leur réussite se situe ici :Villas-Boas et Sousa parviennent à faire de leurs équipes de véritables prétendantes au podium malgré des effectifs restreints et surtout un investissement limité sur le marché des transferts si on le compare aux autres grosses écuries du championnat. L'été dernier, l'OM a dépensé 27 millions pour s'offrir deux joueurs (Benedetto et Rongier). Le montant est certes quatre fois plus élevé que celui investi par Bordeaux (7 millions pour Koscielny et Hwang) mais il demeure très inférieur aux sommes injectés par les autres rivaux. Lille et Lyon ont chacun dépensé 88 millions d'euros et Monaco a fait grimper le curseur à 140 millions d'euros.


Les deux entraîneurs ont eu plus ou moins de difficultés à appréhender la situation. AVB était arrivé en connaissance de cause et s'est même servi du contexte pour jouer la carte de la franchise qui a fait l'unanimité, répétant à l'envi que le club n'avait « pas d'argent » pour envisager quoi que ce soit au Mercato d'hiver. Sousa, lui, s'est souvent abstenu au moment de commenter le panier de crabes bordelais,dans lequel GACP (la direction) et King Street (le principal actionnaire) sont désormais opposés. Mais il a souvent rappelé à ses dirigeants qu'il disposait d'un effectif trop maigre « pour pouvoir rivaliser », là où Villas-Boas n'a jamais cherché d'excuse en assurant sans cesse viser le podium.

Villas-Boas et Sousa, le jeu avant tout


Pour combler le déficit, ils ont fait le même choix : se concentrer sur le jeu, et rien d'autre. « Je me retrouve avec André dans notre manière d'aimer le foot, a justement commenté le technicien bordelais, en conférence de presse. On aime bien jouer et mettre en place ce qu'on a dans la tête pour aider les joueurs à développer un jeu. » Là aussi, ils ont opté pour deux méthodes bien différentes. Paulo Sousa a profité d'une immunité pour installer, peu à peu, un schéma tactique et un jeu de possession qui a tardé à porter ses fruits :en fin de saison dernière, les Girondins avaient aligné six défaites de rang. Mais ce n'était certainement pas du temps perdu,tant le collectif de l'équipe au Scapulaire semble aujourd'hui rodé. En milieu de semaine, le FCGB en a passé six à Nîmes.


Sachant pertinemment qu'il ne bénéficierait pas de la même indulgence,contexte marseillais oblige, André Villas-Boas s'est trouvé une flexibilité nouvelle. Adepte du 4-3-3, il a testé plusieurs dispositifs tactiques pour permettre à l'OM de décrocher des résultats, allant même jusqu'à travailler un schéma à trois défenseurs lors de la préparation estivale. Obsédé de la maîtrise et de la verticalité, il avait volontiers laissé la possession du ballon à Angers, mardi dernier, pour déstabiliser et battre le SCO.« Ils m'ont surpris, car renoncer au jeu comme ça, avec la qualité qu'ils ont, c'est très fort, avait commenté l'entraîneur angevin,Stéphane Moulin. Ce n'est pas une critique, car c'est très fort de convaincre de tels joueurs de ne pas garder le ballon. »Villas-Boas a réussi à faire adhérer ses joueurs. Comme Paulo Sousa. Et si l'un a réussi à être encore plus convaincant que l'autre, on devrait vite le savoir. 

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