La peur-panique de Marcelo

Joueur historique du Real Madrid, Marcelo a tout connu sous les couleurs du club de la capitale espagnole. Arrivé en 2007, le latéral gauche brésilien a ainsi remporté quatre championnats et autant de Ligues des champions avec les Merengue. Une expérience qui, au fil du temps et des années, aurait pu le rendre hermétique à tout stress au moment d'aborder les matches les plus importants. Las. Dans une interview accordée à The Players' Tribune, le Madrilène est revenu sur l'un des épisodes les plus pénibles de sa carrière. Un certain 26 mai 2018.

C'est fait. Le Real Madrid tient sa place pour la finale de la Ligue des champions. Et le club espagnol va affronter Liverpool. La finale est prévue le 26 mai en Ukraine, du côté du stade olympique de Kiev. La veille, Marcelo commence étrangement à se sentir mal. "Je ne pouvais pas manger. Je n'ai même pas pu dormir", explique le Brésilien, avant d'ajouter: "Lorsque vous avez l'occasion d'écrire l'histoire, vous ressentez ce poids." Malgré son expérience, son angoisse s'accentue au fil des heures précédant la finale. "Pour une raison inexplicable, je ressentais vraiment cette pression. Je n'avais jamais ressenti une anxiété aussi intense auparavant. Je ne savais pas ce qu'il se passait. J'ai même pensé appeler un médecin, mais je me suis dit qu'il ne me laisserait jamais jouer le lendemain."

Impossible de respirer

Avec comme objectif principal de ne laisser aucun espace à l'attaquant des Reds, Mohamed Salah, Marcelo n'a pourtant d'autre choix que d'être à cent pour cent sur le terrain. Mais la situation ne s'améliore pas et à quelques minutes de l'entrée sur la pelouse, le Brésilien est pris d'une crise de panique. "C'était dans les vestiaires. Je ne pouvais plus respirer. J'essayais comme je pouvais de me contrôler et de ne pas paniquer." C'est alors qu'il trouve la parade. "Je me suis demandé combien d'enfants dans le monde jouaient au ballon ? Et combien rêveraient de disputer une finale de Ligue des champions ?" Ce faisant, l'international auriverde parvient à reprendre en partie le contrôle de sa respiration, et l'impatience d'être sur le terrain le gagne.

"Quand j'ai finalement foulé la pelouse au moment de l'échauffement, j'avais toujours du mal à respirer. Alors je me suis dit: 'si je dois mourir ici, ce soir, putain, je vais mourir'." Puis vient l'heure du coup d'envoi, et toutes les peurs se sont soudain envolées: "Sous les lumières des projecteurs, j'ai vu le ballon dans le rond central, et tout a changé. Le poids qui pesait sur ma poitrine est parti. J'étais en paix." De quoi permettre à Marcelo de participer pleinement au succès du Real Madrid, vainqueur 3-1 de Liverpool, grâce à un but de Karim Benzema, et au doublé de Gareth Bale